Donald Trump annonce que la marine américaine va escorter des navires bloqués dans le détroit d’Ormuz dès ce lundi. Une initiative à côté de la plaque pour l’Iran qui voit dans cette intervention américaine, une violation du cessez-le-feu.
L’essentiel
- La guerre en Iran entre dans son 66e jour ce lundi 4 mai 2026. La marine américaine va escorter des navires bloqués de pays niveaux à travers le détroit d’Ormuz à partir de lundi, a annoncé Donald Trump. Le président américain menacé, sur Truth Social, de recourir à “la force” si l’opération “Project Freedom” devait être entravée. Quelque 15 000 soldats seront impliqués dans l’opération. L’Iran prévient que toute « intervention américaine » sera considérée comme une violation du cessez-le-feu.
- Au Libanle cessez-le-feu est toujours fragile. L’armée israélienne poursuit ses frappes dans le sud du Liban. L’Etat hébreu à d’ailleurs a émis dimanche un nouvel ordre d’évacuation pour plusieurs villages de cette partie du territoire libanais. De plus, Israël a approuvé un contrat de plusieurs milliards d’euros avec les Etats-Unis pour l’acquisition de deux nouveaux escadrons de chasseurs-bombardiers, qui va, selon le premier ministre Benjamin Netanyahou, renforcer la « supériorité aérienne écrasante » du pays.
- Des négociations secrètes se dérouleront sur le plan de paix de Téhéran. Le ministère des Affaires étrangères iraniennes sait que les propositions du régime des mollahs avaient fait l’objet d’une réponse étayée des Etats-Unis et qu’elle est actuellement à l’étude par Téhéran. Rien sur ces discussions n’ont fuité, mais un accord pourrait mettre dans la balance l’ouverture du détroit, des garanties de sécurité et aucune destruction des infrastructures nucléaires iraniennes (voir les détails).
- Bilan et conséquences. Le détroit d’Ormuz – par lequel transite d’ordinaire 20% de la consommation mondiale de pétrole – se retrouve bloqué et soumis à des droits de passage à l’initiative de Téhéran. Selon le groupe de défense des droits HRANA, basé aux Etats-Unis, le conflit au Moyen-Orient a provoqué la mort de 3 500 personnes. Au Liban, pas moins de 2 659 victimes sont recensées et 8 183 blessés, d’après le ministère de la Santé libanais.
En direct
13h54 – “Aucun navire n’a été touché”, Washington dément les propos de Téhéran
“Aucun navire de la marine américaine n’a été touché. Les forces américaines apportent leur soutien à l’opération ‘Project Freedom’ et font respecter le blocus naval des ports iraniens”, a déclaré le commandement central de l’armée américaine, le Centcom, démentant le fait qu’un de ses navires a été touché par des tirs iraniens comme affirmé par Téhéran plus tôt dans la journée. “Les médias d’Etat iraniens affirment que le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien a touché un navire de guerre américain avec deux missiles”, écrit le Centcom sur X.
12h35 – Des missiles tirés contre une frégate américaine dans le détroit d’Ormuz
Un média iranien affirme que deux missiles ont touché un navire américain prêt à traverser le détroit d’Ormuz ce lundi 4 mai dans la matinée. En effet, l’agence iranienne Fars a fait état de deux missiles tirés contre une frégate américaine qui se préparait à entrer dans le détroit d’Ormuz, ignorant les avertissements iraniens. De leur côté, les Etats-Unis n’ont pas réagi.
12:26 – Les dégâts causés par l’Iran sur les bases américaines minimisées par Trump
Une enquête de la cellule d’investigation de CNN révèle ce lundi que 16 bases américaines sur 17 dans la région ont été endommagées dans huit pays du Moyen-Orient depuis le début du conflit. Bien plus que ce que ne le laisse entendre Donald Trump, préférant minimiser les dégâts causés par Téhéran.
Selon les informations de la chaîne américaine, certaines bases seraient aujourd’hui “inutilisables”. Le média américain a étudié les images satellites des différents camps du Golfe. Des avions de surveillance à Prince Sultan en Arabie Saoudite, ou des radars, nécessaires pour le renseignement, du Camp Arjifan au Koweït auraient par exemple été atteints.
12:01 – L’Iran appelle les Etats-Unis à abandonner ses “exigences excessives”
“À ce stade, notre priorité est de mettre fin à la guerre. Nous ne pouvons ignorer les leçons du passé. Nous avons négocié à deux reprises sur les aspects nucléaires et, simultanément, nous avons été attaqués par les États-Unis”, affirme Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, ce lundi. “L’autre partie doit se résoudre à adopter une approche raisonnable et abandonner les demandes excessives concernant l’Iran”, assure-t-il.
08h55 – Téhéran intensifie ses menaces envers Washington
Après une première mise en garde ce dimanche, le commandement militaire iranien prévient ce lundi que l’armée américaine serait attaquée si elle tentait de s’approcher du détroit d’Ormuz. “Nous mettons en garde toute force armée étrangère, en particulier l’agressive armée américaine : s’ils ont l’intention de s’approcher du détroit d’Ormuz ou d’y pénétrer, ils seront ciblés et attaqués”, a affirmé le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées Khatam Al-Anbiya, cité par la télévision d’Etat sur Telegram.
08:07 – Macron réclame une “réouverture concertée entre l’Iran et les Etats-Unis” du détroit
En déplacement à Erevan, en Arménie, pour le sommet de la Communauté politique européenne (CPE), Emmanuel Macron appelle ce lundi 4 mai à une “réouverture concertée entre l’Iran et les Etats-Unis” du détroit d’Ormuz. Le chef de l’Etat juge “essentiel” que le cessez-le-feu soit respecté mais exclut toute participation de la France au “Projet Liberté” annoncé par Donald Trump pour rétablir la navigation dans le détroit. “On ne va pas participer à quelque chose qui n’est pas clair”, affirme le président de la République.
08:04 – “Toute intervention américaine sera considérée comme une violation du cessez-le-feu”
Juste après les déclarations du président américain, Donald Trump, au sujet de son nouveau plan pour le détroit d’Ormuz, l’Iran l’a mis en garde, à travers la voix du président de la commission du Parlement iranien sur la sécurité nationale. “Toute intervention américaine dans le nouveau régime maritime du détroit d’Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu”, a prévenu Ebrahim Azizi.
08:01 – Trump lance son opération “Project Freedom”
La marine américaine va commencer ce lundi à escorter des navires de pays tiers bloqués dans le Golfe à travers le détroit d’Ormuz, a annoncé dimanche Donald Trump. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que l’opération impliquerait des destroyers lance-missiles, plus d’une centaine d’aéronefs et 15 000 soldats. Il s’agit de l’opération “Project Freedom”.
La situation en Iran et au Liban
La guerre en Iran, qui a éclaté le 28 février après des frappes israélo-américaines, est toujours en cours. Mardi 21 février, Donald Trump a annoncé une prolongation du cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran sans donner de nouvelle date butoir. De nouvelles négociations entre Washington et Téhéran sont donc envisagées mais aucune des deux parties n’a confirmé sa présence et une date certaine pour se mettre autour de la table.
“Un cessez-le-feu complet n’a de sens que s’il n’est pas violé par un blocus naval et la prise en otage de l’économie mondiale”, a déclaré le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf. Le président de l’Iran affirme que “le blocus et les menaces” américains étaient les “principaux obstacles à de véritables négociations”. Autrement dit, que ce soit du côté américain ou dans le camp iranien, les déclarations n’incitent pas vraiment à l’optimiser quant à la tenue de nouvelles négociations, avant un hypothétique plan de paix durable au Moyen-Orient.
Lundi 27 avril, selon l’agence de presse des Corps des Gardiens de la Révolution iranienne Tasnim, les Iraniens ont transmis par l’intermédiaire du Pakistan un plan de négociations en trois phases aux Américains pour mettre fin à la guerre.
Le premier point concerne un accord pour un cessez-le-feu total, avec une garantie que la guerre ne reprenne pas, ni en Iran ni au Liban, selon la chaîne publique israélienne Kan. Sur cette première étape, l’Iran s’engage à déminer le port d’Ormuz, en échange de la levée du blocus américain des ports iraniens et du retrait de l’armée américaine.
Si un accord est trouvé ici, les négociations pourront se tourner vers le deuxième point : la gestion du détroit d’Ormuz. “Une coordination sera mise en place avec la partie omanaise afin d’élaborer un nouveau régime juridique”, écrit le média Tasnim. Cette phase agirait également l’arrêt de l’enrichissement de l’uranium iranien pendant 15 ans, puis une limite à 3,6% sans accumulation, avec dilution et exportation de l’uranium déjà enrichi. En échange, l’Iran obtiendrait une levée progressive des sanctions économiques. Enfin, la troisième phase lancerait une concertation régionale sur la sécurité de toute la région pour stabiliser les relations et figer un cadre restrictif sur le nucléaire iranien.
Quid des affrontements au Liban ? Tel-Aviv et Beyrouth tenaient jeudi 23 avril à Washington une nouvelle session de pourparlers au niveau des ambassadeurs. Le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a justement été annoncée le 30 avril par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est déjà mis à rude épreuve.
De nouvelles frappes israéliennes ont été visées dès le samedi soir au moins quatre localités du sud du Liban, a écrit l’agence officielle Ani, après des attaques qui avaient auparavant fait six morts selon les autorités libanaises. Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a ordonné à l’armée de frapper « avec force » le Hezbollah pro-iranien au Liban, à la suite de ce que l’armée a qualifiée de série de violations du cessez-le-feu.

