L’opposition de gauche n’y croit pas. Les travailleurs ne verront jamais la couleur des 500 euros en plus que la coalition Arizona avait promis, selon elle. D’autres politiques sont possibles, ont martelé le PS, le PTB et Ecolo.
“L’effort budgétaire sera soutenu à 95% par la classe moyenne, c’est une répartition totalement injuste. Les fameux 500 euros que l’on nous avait promis, on en sera bien loin. Pour bon nombre de travailleurs, ce sera même 500 euros en moins”a affirmé le chef du groupe PS, Pierre-Yves Dermagne.
Les socialistes contestent le caractère inévitable des mesures annoncées afin de ramener le budget dans les clous européens. “Avec Elio Di Rupo comme Premier ministre, nous avons réalisé un effort similaire voire supérieur en allant chercher auprès des multinationales, en luttant contre la fraude. Il ya moyen de répartir équitablement l’effort et d’éviter toute une série de taxes”.
L’une des mesures emblématiques de l’accord budgétaire conclu au sein du gouvernement est une “correction” de l’indexation, plafonnée à 4000 euros brut. “C’est une définition étrange des épaules les plus larges, cela touche 40% des salariés de notre pays”a souligné la cheffe du groupe PTB, Sofie Merckx, qui pointe du doigt un “vol de l’index“.
Le Premier ministre a annoncé les mesures budgétaires au Parlement alors que les syndicats menaient leur troisième jour d’action contre la politique du gouvernement. “Ce gouvernement aurait dû écouter la colère des gens, des travailleurs qui se manifestent aujourd’hui dans la rue”, un regretté Sofie Merckx.
Les gens attendaient les fameux 500 euros en plus
“Cela fait 40 ans que l’on dit à la classe travailleuse qu’il faut se serrer la ceinture. C’est toujours dans la poche des mêmes que l’on va chercher. Les gens attendaient les fameux 500 euros en plus. On a bien compris qu’ils n’en verraient jamais la couleur”.
“C’est toujours ce même discours où l’on essaie d’installer que l’on n’a pas le choix alors que l’on peut mener d’autres politiques qui ne punissent pas la classe moyenne, les familles”, a déclaré Sarah Schlitz (Ecolo-Groen).
Les écologistes s’inquiètent de la charge qui pèsera sur les malades que le gouvernement veut remettre au travail. “On fait des malades les boucs émissaires de la société alors que l’on va saper dans la prévention et diminuer le budget des soins de santé, etc. Punir, toujours punir plutôt que d’essayer de comprendre les causes, c’est une méthode violente, brutale qui ne fonctionne pas“, a assuré la cheffe de groupe.
Effet avec un certain décalage
Du côté du gouvernement, le MR a rappelé la nécessité de redresser la situation budgétaire et de prendre le programme du gouvernement dans sa globalité. “On sait que la situation est difficile mais il faut regarder les mesures dans leur ensemble et l’on se rend compte au total que l’on fait des réformes majeures, on diminue des dépenses, ce qui représente 80% de l’effort à réaliser.“, a expliqué le vice-Premier ministre David Clarinval.
“Mais ces réformes produiront leur effet avec un certain décalage. Donc, pour combler le gap, on a dû prendre des mesures. Les taxes concernées sont les moins douloureuses possibles”at-il assuré ; en insistant sur le “coup de pouce” qui sera donné aux entreprises. “Avec la diminution de cotisations sociales d’un milliard, la norme énergétique, les plans PME, trois milliards seront consacrés à la compétitivité des entreprises”.

