L’Assemblée nationale cubaine a adopté jeudi à l’unanimité un très vaste programme de réformes en faveur de l’économie de marché. Il s’agit d’un virage historique pour l’île communiste en proie à une profonde crise économique et mise sous pression par Washington.
Plus de 400 députés de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire ont été appelés à se prononcer sur 176 propositions touchant de très nombreux secteurs de l’économie, présentées peu avant par le Premier ministre, Manuel Marrero.
Les réformes ont été adoptées à l’unanimité par un vote à main levée, selon des images retransmises par la télévision d’Etat.
Les mesures concernent notamment l’organisation des entreprises privées et d’Etat, les banques, le tourisme, l’agriculture, les investissements étrangers, les impôts, les salaires et le marché des changements.
Inédit depuis près de 70 ans
Dans les années qui avaient suivi la révolution menée par Fidel Castro en 1959, les grandes entreprises privées, cubaines ou étrangères, avaient été nationalisées, ainsi que les petits commerces et entreprises familiales.
Depuis, des coups de canif récurrents avaient été donnés au dogme de l’économie socialiste, mais sans jamais remettre en cause les fondements d’une économie largement planifiée et centralisée.
En 2021, pour la première fois cependant depuis un demi-siècle, des petites et moyennes entreprises, pouvant employer jusqu’à 100 salariés, avaient été autorisées pour faire face à la crise et au mécontentement social.
Elles sont désormais plus de 10’000 et emploient un tiers de la population active.
Transformation radicale
Parmi les réformes améliorées de jeudi, figurent notamment la transformation des entreprises d’État en sociétés commerciales “par actions ou à participation”, l’autorisation d’entreprises privées de plus de 100 salariés, la participation de capitaux étrangers dans le secteur privé, l’ouverture de comptes en devises pour les particuliers (voir éventail en encadré).
Aucun calendrier n’a été pour l’heure annoncée cependant, pas plus qu’une remise en cause du système politique, dominé par le seul Parti communiste cubain (PCC).
Pression américaine
Ces annonces de réformes interviennent alors que le président américain Donald Trump applique une politique de pression maximale sur l’île, soumise depuis près de cinq mois à un blocus pétrolier.
Ce blocus a poussé l’économie cubaine, sous embargo depuis 1962, au bord de l’effondrement, entraînant des coupures de courant généralisées, ainsi que des pénuries de nourriture, de carburant, d’eau potable et de médicaments.
Washington ne cache pas son souhait de voir un changement de modèle économique, voire de régime, sur l’île située à environ 150 kilomètres des côtes de la Floride.
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