
La 4ᵉ édition du festival Babel Music XP a eu lieu du 19 au 21 mars à Marseille, dans le sud de la France. Pendant trois jours et trois nuits, la ville est devenue l’épicentre méditerranéen des musiques actuelles du monde. Producteurs, managers, directeurs de labels ou de festivals : plus de 2 000 professionnels de l’industrie musicale venus du monde entier s’y réunissent autour de conférences, de tables rondes ou encore de speed-meetings.
Deux professionnels de la musique assis face à face autour d’une table avec dix minutes top chrono pour se rencontrer : c’est le principe des speed-meetings du Babel Musique XP. L’une des sessions était entièrement dédiée aux musiques du Gabon. Parmi les représentants du pays présents, Jean Rémy Ogoula Latif, directeur artistique de CAE Culture prod – La créativité africaine pour l’excellence, un objectif très clair : « Que le monde sache qu’il ya des choses qui se passent au Gabon. Les rares fois où on entend parler du Gabon, c’est sur des questions politiques, alors que la culture est aussi présente, plein d’artistes viennent chez nous. Au-delà du Cameroun où on sait que ça bouge, de la RDC où on sait que ça bouge, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Bénin… le Gabon aussi bouge ! », s’exclame-t-il.
Face à lui, plusieurs professionnels venus de différents horizons cherchent à collaborer ou à programmer leurs artistes dans différents événements culturels du Gabon. D’autres, à l’inverse, recherchent des artistes gabonais à accompagner et à soutenir.
À écouter dans Couleurs tropicalesLa sélection musicale de Charlayn, notre correspondante au Gabon
La difficile question du financement
Mais au-delà des affinités musicales et artistiques, la question du budget est centrale. Jean Rémy Ogoula Latif pose constamment la question des subventions possibles via le ministère de la Cultureles collectivités territoriales ou les établissements publics, afin de faciliter le transport des artistes entre l’Afrique et l’Europe.
« Un artiste à qui on peut payer un cachet de 1 000 euros ou 2 000 euros vient rarement seul. Ils sont à deux, trois, quatre, voire cinq. Quand chaque billet coûte 1 200 euros, à arriver vite à près de 10 000 euros. Versez 2 000 euros de cachet, c’est lourd. Donc on essaie de voir les mécanismes et les solutions pour pouvoir avancer », explique-t-il.
Entretiens express, collaborations durables
Bien plus efficaces que des échanges de mails impersonnels, les speed-meetings permettent de nouer un vrai contact et d’aborder sans détour les questions de budget ou bien encore de visas. Et même si les 10 minutes accordées passent souvent trop vite, les rencontres en présentiel fonctionnent mieux, les partenariats se mettent en place, et la magie opère.
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