Patrice Kouté devant la presse (Ph Koaci)
Le secrétaire général adjoint du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), Patrice Koutéégalement ambassadeur chargé des Droits de l’homme et de la protection des détenusd’avisun animé, mardi 21 juillet 2026 à Abidjan, une tribune consacrée à la situation des droits humains en Côte d’Ivoire. Face aux journalistes, représentants d’institutions, diplomates et acteurs de la société civile, il a présenté la vision de son parti sur la protection des libertés fondamentales, tout en dressant un tableau critique des conditions de détention dans le pays.
Dès l’entame de son intervention, Patrice Kouté a inscrit sa mission dans la continuité du « Pacte social » porté par le président du PPA-CILaurent Gbagbo. Il a affirmé que les droits de l’homme ne sauraient être l’apanage d’un parti politique ou d’une idéologie, mais constituant un patrimoine universel qui protège chaque citoyen, quelle que soit sa condition ou son engagement politique.
Selon lui, la qualité d’une démocratie se mesure avant tout à sa capacité à garantir les libertés publiques, l’égalité devant la loi et le respect de la dignité humaine. Il a rappelé que la Constitution ivoirienne consacre le caractère sacré de la personne humaine et que la Côte d’Ivoire est liée par plusieurs instruments internationaux, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
Pour le responsable du PPA-CIles droits fondamentaux ne peuvent se limiter aux principes juridiques. Ils doivent se traduire dans le quotidien des populations par un accès effectif aux soins de santé, à l’éducation, au logement, à l’alimentation et à la liberté d’expression. Il a également insisté sur l’indépendance de la justice, la transparence des élections et le respect de la Constitution, présentés comme des piliers indispensables à la consolidation de l’État de droit.
Abordant ensuite la question carcérale, Patrice Kouté s’est appuyé sur le rapport 2025 de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), qu’il a qualifié de préoccupant. Selon les données citées, les 34 établissements pénitentiaires et maisons de correction du pays, conçus pour accueillir un peu plus de 9 000 personnes, hébergeraient aujourd’hui plus de 27 000 personnes. détenus, soit un taux d’occupation proche de 300 %. L’ex-Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) illustrerait à elle seule cette situation, avec près de 9 000 détenus pour une capacité d’environ 3 200 places.
Le dirigeant politique a également évoqué les difficultés liées à l’accès aux soins, au manque d’infrastructures sanitaires, aux problèmes d’approvisionnement en eau potable dans plusieurs établissements pénitentiaires ainsi qu’aux insuffisances relevées dans la prise en charge des personnes vulnérables. Il a souligné que la détention préventive prolongée contribue fortement à la surpopulation carcérale et soulève des interrogatoires quant au respect du droit à être jugé dans un délai raisonnable.
Patrice Kouté a par ailleurs affirmé que, depuis octobre 2025, 1 945 personnes, parmi lesquelles des militants du PPA-CIdes sympathisants et d’autres citoyens, seraient détenues dans le quart prisons du pays. Il a précisé que ce groupe comprend 47 femmes, un mineur âgé de 14 ans et 1 897 hommes. Il a également évoqué d’autres personnes incarcérées dans des dossiers remontant à 2011, 2012, 2013 et 2024.
Face à cette situation, le PPA-CI proposer, dans le cadre du troisième pilier de son Pacte social, plusieurs réformes visant à améliorer les conditions de détention et à renforcer la protection des droits fondamentaux. Le parti réalisation préconise notamment la d’une cartographie complète des lieux de privation de liberté, la création d’une veille juridique permanente associant juristes, avocats, familles de détenus, anciens prisonniers et organisations de défense des droits de l’homme, ainsi que l’organisation de visites régulières dans les établissements pénitentiaires.
Le PPA-CI recommande également un suivi renforcé des procédures judiciaires, un dialogue permanent avec les autorités compétentes et les partenaires internationaux, ainsi qu’une réforme du système pénitentiaire. Celle-ci passerait notamment par la construction de nouvelles prisons répondant aux normes internationales, le développement des peines alternatives à l’emprisonnement, la réduction des délais de détention préventive, l’amélioration des infrastructures sanitaires, le renforcement des budgets consacrés à l’alimentation et aux soins des détenus, ainsi que la mise en place d’un accompagnement social et psychologique destiné à favoriser leur réinsertion.
Au cours de son intervention, Patrice Kouté a également réclamé la libération des personnes que son parti considère comme des détenusd’avis. Il a soutenu que ces derniers sont emprisonnés en raison de leurs convictions politiques et non pour des faits de droit commun, appelant les autorités à leur rendre leur liberté et leur dignité.
En conclusion, le responsable du PPA-CI a soulignant que la protection des personnes privées de liberté ne revient pas à excuser les infractions, mais à rappeler que la dignité humaine demeure un droit inaliénable. Selon lui, une nation se juge autant à sa capacité à protéger les plus vulnérables qu’à son développement économique. Il a enfin réaffirmé que le respect des droits de l’homme, de la justice et des libertés publiques demeure, aux yeux de son parti, une condition essentielle pour bâtir une Côte d’Ivoire apaisée, réconciliée et pleinement démocratique.
Jean Chrésus, Abidjan
Par Koaci
