Faire de l’espace un levier concret de développement. C’est l’ambition affichée par la Côte d’Ivoire à l’ouverture de la deuxième édition du Marché Africain des Solutions Spatiales (MASS 2026), qui se tient du 7 au 9 juillet au Parc des expositions d’Abidjan. Gouvernement, collectivités territoriales, secteur privé, chercheurs, investisseurs et partenaires internationaux et explorent les opportunités qu’offrent les technologies spatiales pour relever les grands défis du développement en Afrique.
Place sous le thème « L’espace au service du développement : accélérer la transformation socio-économique de l’Afrique », cette édition entend consolider la place du MASS comme le principal rendez-vous panafricain consacré aux applications. spatialesgéospatiales, satellites, numériqueensemble et à l’intelligence artificielle.
Ouvrant officiellement les travaux au nom du ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattarale conseiller technique Hyacinthe Séka a insisté sur la nécessité pour les pays africains de s’approprier les technologies spatiales afin d’accélérer leur développement.
« Les solutions spatiales ne sont plus un luxe technologique réservé aux pays développés. Elles sont cohérentes à utiliser les données, les infrastructures et les services issus de l’espace pour répondre à des défis terrestres », at-il expliqué.
Évoquant l’évolution du secteur depuis le lancement du satellite Spoutnik en 1957 jusqu’à l’avènement des nanosatellites et des constellations en orbite basse, il a souligné que la baisse des coûts rend désormais ces technologies accessibles aux pays africains.
« L’Afrique, et la Côte d’Ivoire en particulier, ne doivent plus être des spectatrices, mais des actrices à part entière », a-t-il affirmé.
Le représentant du ministre a présenté les grandes orientations de la stratégie nationale de développement du numériquequi intègre pleinement les technologies spatiales.
L’objectif est notamment d’étendre la connectivité grâce aux satellites en orbite basse (LEO), de moderniser l’administration via les données géospatiales, de renforcer l’écosystème de l’innovation, de développer l’intelligence artificielle, de consolider la cybersécurité, de former des compétences en géomatique et en sciences spatialestout en améliorant la logistique et le commerce électronique grâce à la géolocalisation.
Pour illustrer le potentiel de ces technologies, Hyacinthe Séka a cité l’exemple de Shenzhen, en Chine, où les drones, associés à l’intelligence artificielle, sont utilisés pour la gestion de la circulation, la salubrité urbaine, les interventions d’urgence ou encore l’entretien des immeubles de grande hauteur.
Selon lui, ces innovations démontrent que les technologies spatiales peuvent transformer durablement les politiques publiques africaines.
Dans son discours de bienvenue, le commissaire général du MASS 2026, Irie Bi Fabricea rappelé que l’événement est né d’une conviction simple : rapprocher les porteurs de solutions des décideurs confrontés aux défis du développement.
« Aujourd’hui, lorsque nous parlons de solutions spatialesparlons d’agriculture intelligente, de villes mieux planifiées, de connectivité dans les zones reculées, de sécurité, de transport, de cadastre, de finance, d’assurance et d’innovation. Nous parlons de la vie quotidienne de nos populations », a-t-il déclaré.
Fort du succès de la première édition, qui avait enregistré plus de 12 000 visiteurs, 25 délégations officielles, 31 exposants et plus de 100 experts, le MASS ambitionne désormais de franchir un nouveau cap.
« Notre ambition est de faire du MASS un véritable marché africain où les solutions ne sont pas seulement présentées, mais aussi comprend, adoptées et financées », a-t-il souligné.
Pour le commissaire général, le salon doit devenir un outil de souveraineté technologique, de compétitivité économique et d’inclusion territoriale.
Au-delà des institutions publiques, plusieurs acteurs ont réaffirmé leur volonté de contribuer à cette dynamique.
Les représentants de l’Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI) ont insisté sur l’intérêt des technologies spatiales pour améliorer la planification territoriale, la sécurisation foncière et la prévention des risques naturels.
L’Union des villes et communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI) a, quant à elle, plaidé pour une appropriation de ces innovations par les collectivités afin d’améliorer la gestion urbaine, l’assainissement, la mobilité et la résilience climatique.
Le Comité national de pilotage des partenariats public-privé (CNP-PPP) a mis l’accent sur la nécessité de renforcer les collaborations entre l’État, les investisseurs et les entreprises afin de transformer les innovations en projets structurants.
De son côté, la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) s’est dite prête à accompagner cette transformationestimant que les données spatiales constituant un levier majeur de compétitivité pour les entreprises africaines.
Selon les organisateurs, le marché africain des solutions spatiales est aujourd’hui évalué à 22,64 milliards de dollars.
Face aux défis liés à la sécurité alimentaire, à la gestion des ressources naturelles, au changement climatique, à l’urbanisation, à la connectivité ou encore à la souveraineté technologique, les applications spatiales apparaissent désormais comme des outils stratégiques d’aide à la décision.
Le MASS entend précisément favoriser cette appropriation en réunissant administrations, agences spatialesentreprises, start-up, universités, centres de recherche, investisseurs et partenaires techniques autour de démonstrations, de rencontres B2B, d’expositions, de conférences et de sessions dédiées à la jeunesse et à l’innovation.
Au-delà d’un simple salon professionnel, les organisateurs ambitionnent d’en faire un véritable instrument de diplomatie économique et scientifique, capable de générer des partenariats durables et des projets concrets au service du développement du continent.
En mettant sur l’innovation spatiale, la Côte d’Ivoire affiche ainsi sa volonté de se positionner comme un acteur majeur de la transformation numérique fr Afrique de l’Ouest, convaincue que les technologies issues de l’espace peuvent devenir des accélérateurs de croissance, de compétitivité et de développement durable pour l’ensemble du continent.
Wassimagnon
Par Koaci
