Gbagbo un Songon ce samedi (Ph Koaci)
Songon M’Bratté a vibré ce samedi 16 mai 2026 au rythme de la quatrième édition de la Fête de la Renaissance du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), organisé dans une ambiance de forte mobilisation militante, comme sur place constaté par KOACI.
Devant une foule imposante lieu de plusieurs localités du paiele président du PPA-CILaurent Gbagboa livré un discours à forte tonalité politique, centré sur la question des libertés publiques, la situation des détenus d’opinion, la démocratie et les conditions d’organisation de la prochaine élection présidentielle.
Accueilli par des milliers de sympathisants acquis à sa cause, l’ancien chef de l’État ivoirien a placé au cœur de son intervention la défense des libertés fondamentales, qu’il considère comme un pilier essentiel de toute société démocratique.
Dans une allocution ponctuée d’ovations et de slogans militants, Laurent Gbagbo a dénoncé ce qu’il perçoit comme une restriction croissante de la liberté d’expression en Côte d’Ivoire, critiquant notamment l’emprisonnement de citoyens pour leurs opinions ou leurs prises de position publiques.
« Nous continuons de nous battre pour que chacun puisse exprimer son opinion. Mais si, dès que quelqu’un exprime son opinion, vous le mettez en prison, ce n’est plus normal », at-il martelé devant ses partisans, répétant à plusieurs reprises son attachement à la liberté comme fondement de la vie démocratique.
Selon lui, il est inadmissible que des citoyens puissent être inquiétés ou poursuivis pour avoir exprimé un mécontentement face au coût de la vie ou à la gouvernance du paie.
Dans une ton résolution engagée, le leader du PPA-CI a expliqué la récurrence de ses prises de parole sur les mêmes thèmes par la nécessité, selon lui, de défendre des acquis démocratiques constamment remis en cause.
« Chaque fois que nous faisons un pas dans le bon sens et que d’autres viennent pour effacer ces avancées, nous sommes obligés de recommencer le combat », a-t-il déclaré, estimant que la vigilance citoyenne reste indispensable pour préserver les libertés individuelles et collectives.
Le rassemblement de Songon M’Bratté a également été présenté par Laurent Gbagbo comme un moment de solidarité envers les personnes détenues pour des raisons politiques ou idéologiques.
L’ancien président a affirmé que cette célébration devait également être consacrée à « tous les amis qui sont en prison » ainsi qu’aux Ivoiriens dont les opinions seraient, selon lui, incompatibles avec celles du pouvoir en place. « Ce n’est pas normal », a-t-il insisté, promettant de poursuivre son combat politique aussi longtemps que cette situation perdurerait.
Dans une séquence chargée de symboles, Laurent Gbagbo est revenu sur son parcours politique et sur les instruments de lutte qu’il dit avoir successivement mis en place au fil des décennies. Évoquant la création passée du Front populaire ivoirien (FPI) puis celle du PPA-CIil a insisté sur la nécessité pour les « combattants de la liberté » de disposer d’outils politiques capables de porter les aspirations démocratiques du peuple ivoirien.
« Sans liberté, il n’y a pas de développement », at-il lancé à ses militants, les invitant à rester mobilisés pour préserver ce qu’il considère comme les acquis de leurs luttes.
L’ancien président ivoirien a également profité de cette tribune pour adresser un message à l’opposition démocratique, appelant à un renforcement des formations politiques favorables au pluralisme et à la démocratie.
Dans un registre plus personnel, il est revenu sur une déclaration passée dans laquelle il affirmait vouloir se retirer de la scène politique pour retourner vivre au village après les tumultes politiques qu’il qualifiait de « brouhaha ». Face aux crises et encouragements de ses militants, Laurent Gbagbo a indiqué avoir finalement décidé de rester engagé, affirmant avoir entendu l’appel de ses partisans.
Au cœur de ses critiques, Laurent Gbagbo a énoncé les modalités d’organisation du processus électoral à venir. Sans entrer dans les détails institutionnels, il a fustigé ce qu’il considère comme l’exclusion de certains acteurs politiques du jeu démocratique, s’interrogeant sur les raisons qui pourraient conduire à écarter certaines candidatures.
Il a également exprimé des réserves sur le fonctionnement de la commission électorale, laissant entendre qu’elle ne garantirait pas, selon lui, toutes les conditions d’équité nécessaires à un examen transparent et inclusif.
Dans un discours oscillant entre dénonciation, mobilisation et appel à la vigilance politique, Laurent Gbagbo a toutefois adopté une posture d’attente sur l’évolution du contexte politique national. « Le droit n’est pas encore terminé », at-il déclaré devant ses sympathisants, laissant entendre que plusieurs batailles politiques et judiciaires restaient encore à mener.
Cette quatrième édition de la Fête de la Renaissance du PPA-CIorganisé à Songon M’Bratté, aura ainsi servi de tribune majeure au président du parti pour réaffirmer ses positions sur les libertés publiques, la démocratie et les enjeux électoraux à l’approche des prochaines échéances politiques. Dans une ambiance marquée par une forte ferveur militante, le leader du PPA-CI a renouvelé son engagement à poursuivre le combat politique aux côtés de ses partisans, convaincu que la défense des libertés demeure, selon lui, une condition essentielle au progrès du paie.
Jean Chrésus, Abidjan
Par Koaci
