Face à la recrudescence de la maladie à virus Ébola En République démocratique du Congo et en Ouganda, les autorités ivoiriennes multiplient les mesures préventives afin d’éviter toute introduction du virus sur le territoire national. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 20 mai 2026 à l’Institut National d’Hygiène Publique (INHP) à Treichville, le Directeur général de l’INHP, le Professeur Ekra Kouadio Daniel, a tenu à rassurer les populations : aucun cas d’Ébola n’a été détecté à ce jour en Côte d’Ivoire.
S’exprimer au nom du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba, le Professeur Ekra a indiqué que le gouvernement ivoirien suit avec une grande vigilance l’évolution de l’épidémie déclarée dans la sous-région.
Selon les données communiquées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’épidémie liée à la souche Bundibugyo a déjà provoqué 516 cas suspects et 131 décès suspects, dont plusieurs cas confirmés en République démocratique du Congo et en Ouganda. Face à cette situation préoccupante, l’OMS a déclaré, le 17 mai 2026, une Urgence de santé publique de portée internationale.
Le COUPS placé en mode « Alerte »
Pour anticiper tout risque de propagation, le gouvernement ivoirien a activé plusieurs mécanismes de prévention. Le Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP) a notamment été placé en mode « Alerte ».
À l’Aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, les contrôles sanitaires ont été renforcés. Les autorités sanitaires ont engagé des réunions de coordination avec les acteurs de la plateforme aéroportuaire, les compagnies aériennes et l’Autorité nationale de l’aviation civile (ANAC).
Parmi les mesures annoncées figurent également la mise en place d’un formulaire de suivi des voyageurs en provenance des zones à risque, le renforcement des dispositifs de contrôle sanitaire, l’amélioration du local dédié à la gestion des pandémies, la disponibilité du matériel de prélèvement ainsi que la création d’une équipe spécialisée dans le suivi des contacts au sein du COUPS.
Les quartiers sanitaires mobilisés
Au niveau national, les districts sanitaires ont également été mis en alerte. Les directives de surveillance épidémiologique et de suivi des contacts ont été mises à jour afin d’assurer une meilleure réactivité des services de santé.
Le ministère de la Santé a également renforcé les capacités des téléopérateurs du numéro vert 143, destinés à recueillir les signaux et orienter les populations en cas de suspicion.
Par ailleurs, plusieurs structures sanitaires stratégiques, notamment la Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique (NPSP), la Direction des infrastructures, de l’équipement et de la maintenance (DIEM), le SAMU, le Service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT) et l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire (IPCI), ont été placées en état d’alerte.
Le Professeur Ekra Kouadio Daniel a appelé les populations au calme et à la responsabilité, tout en les invitant à éviter la propagation de fausses informations.
Les autorités sanitaires recommandent notamment, le lavage régulier des mains à l’eau et au savon, l’évitement de tout contact avec les liquides biologiques d’une personne malade, la non-manipulation des corps de personnes décédées de cause suspecte, l’évitement de tout contact avec des animaux sauvages malades ou retrouvés morts et la consultation rapide d’un centre de santé en cas de symptômes suspects.
Les personnes revenant d’une zone à risque et présentant des signes tels que la fièvre, une fatigue intense, des douleurs musculaires, des vomissements, des diarrhées ou des allergies sont invitées à contacter immédiatement les services de santé ou le numéro vert 143.
Réaffirmant l’engagement du gouvernement à protéger les populations, le Directeur général de l’INHP a assuré que toutes les dispositions nécessaires continueraient d’être prises pour garantir une riposte rapide et efficace face à cette menace sanitaire régionale.
Wassimagnon
