Jean-Marie Konin (Ph Koaci)
Lors d’un rassemblement organisé à Abobo le samedi 2 mai 2026, dans le cadre de la célébration éclatée de la fête de la liberté du Front populaire ivoirien, le vice-président Jean-Marie Konin a pris la parole devant militants et cadres pour livrer une critique appuyée de la gestion actuelle du pouvoir en Côte d’Ivoire. À la place Peggy, dans une ambiance militante, il a déclaré ce qu’il perçoit comme une concentration des responsabilités publiques autour d’un cercle restreint proche du chef de l’État, Alassane. Ouattara.
Sans détour, l’orateur a remis en cause les modalités d’attribution de certains postes stratégiques, évoquant une confusion entre gestion de l’État et intérêts familiaux. Selon lui, cette dynamique fragilise les principes républicains et alimente l’idée d’une privatisation du pouvoir. Cette position s’inscrit dans une ligne critique déjà défendue par un parti de l’opposition, notamment le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo.
Au-delà de la charge politique, Jean-Marie Konin a tenu à préciser le cadre de cette mobilisation. Il a indiqué que cette initiative s’inscrivait dans une stratégie de « fête de la liberté éclatée », voulue par la direction du parti. Contrairement à une manifestation centralisée, l’événement est organisé de manière décentralisée dans plusieurs régions politiques du pays. La rencontre d’Abobo a ainsi été portée par le Conseil politique régional Abidjan 2A, qui couvre notamment Abobo et Anyama, et dont il est l’un des responsables.
Il a également insisté sur le fait que cette mobilisation ne concernait qu’une partie du parti et non l’ensemble du FPI. D’autres étapes sont prévues dans les jours à venir, notamment dans plusieurs communes du district d’Abidjan comme Port-Bouët, Marcory ou encore Yopougon. La rencontre d’Abobo marque ainsi le lancement officiel de cette série d’activités politiques à l’échelle nationale.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par les premières spéculations autour de l’après-Ouattara. Bien que le président, réélu pour un ultime mandat, n’ait pas officiellement ouvert le débat sur sa succession, plusieurs figures du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix sont déjà évoquées. Parmi elles, Téné Birahima Ouattaraactuel vice-Premier ministre et ministre de la Défense, suscite un intérêt croissant.
Sa récente promotion au rang de numéro deux du gouvernementderrière le Premier ministre Robert Beugré Mambéa relancé les discussions sur son rôle potentiel dans la perspective de 2030. Le chef de l’État a justifié cette nomination par les performances enregistrées dans la modernisation des forces de défense, qu’il estime aujourd’hui reconnues au-delà des frontières ivoiriennes.
Malgré les spéculations, Téné Birahima Ouattara adopter une posture prudente. Interrogé sur une éventuelle succession, il a écarté toute projection prématurée, estimant que le moment n’était pas encore venu d’aborder cette question.
Entre critiques de l’opposition et dynamiques internes au pouvoir, le paysage politique ivoirien semble ainsi entrer dans une phase progressive de recomposition, où les enjeux de gouvernance se mêlent désormais aux premières manœuvres autour de la succession présidentielle.
Jean Chrésus, Abidjan
