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    Home » Comment le Québec se prépare-t-il aux maladies qu’il ne connaît pas?
    May 31, 2026

    Comment le Québec se prépare-t-il aux maladies qu’il ne connaît pas?

    news30By news30May 31, 2026 Santé 5 Mins Read
    Comment le Québec se prépare-t-il aux maladies qu’il ne connaît pas?
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    La Dre Fafard dirige une équipe de l’Institut national de santé publique du Québec chargée d’analyser les maladies infectieuses émergentes. Son laboratoire identifie les menaces qui représentent les pathogènes étrangers et y élabore une réponse.

    Q Le Québec est-il équipé pour soigner les maladies étrangères?

    R. On a plusieurs travailleurs de la santé qui peuvent être familiers avec les maladies tropicales, mais, étant donné que ce n’est pas leur quotidien, ce n’est pas essentiellement toutes les infirmières praticiennes et tous les médecins qui vont tout de suite penser aux maladies qu’on peut dériver à l’étranger.

    Mais l’expertise, elle existe au Québec. On a des microbiologistes infectiologues dans presque tous les établissements de santé. On a même un centre de maladies tropicales au Centre universitaire de santé McGill.

    Si on parle de la malaria, ce sont des cas urgents, et la plupart des hôpitaux sont quand même assez bien équipés.

    Pour certaines maladies tropicales un petit peu plus rares, les tests ne sont pas essentiellement disponibles dans tous les hôpitaux. Il faut les envoyer au laboratoire de santé publique ou ailleurs.

    Q Est-ce qu’il ya des maladies qu’on ne connaît pas au Québec ?

    R. Les maladies qu’on ne connait pas vraiment, ce n’est pas parce qu’il ya un pays qui la connait très bien et pas le Canada. Ce sont plutôt ce qu’on appelle des pathogènes émergents.

    Le hantavirus est un bon exemple : ce virus-là existe, on le connaît depuis les années 90, mais on n’a pas assez de cas pour avoir énormément de connaissances et de données.

    Quand on est confronté à ce genre de maladie, sur un des réseaux de surveillance pilotés par l’Organisation mondiale de la santé, puis les pays partagent les informations qu’ils ont et les trous restants dans les connaissances. Nous, ça fait un mois qu’on fait des conférences téléphoniques avec des spécialistes d’Amérique du Sud pour apprendre de leur expérience avec le hantavirus.

    Mais quand il y a des lacunes, ce sont des lacunes de la communauté internationale dans son ensemble.

    Q Dans quelles situations la santé publique prépare-t-elle des protocoles d’isolement plus soutenus ?

    R. On catégorise les pathogènes en quatre groupes.

    Le niveau un, c’est, par exemple, la levure qu’on utilise pour faire du pain : on n’a pas besoin de précaution particulière. Au niveau deux, il y a la grippe saisonnière, la rougeole, etc.

    Le niveau trois, ce sont des pathogènes où il y a plus de problèmes si ça se transmet à l’humain. On parle de la tuberculose, ou des agents avec lesquels on peut faire du bioterrorisme, comme l’anthrax.

    Pour ces maladies, sur des protocoles plus sévères. Ce sont presque toutes des maladies à déclaration obligatoire. Selon le mode de transmission, il peut y avoir différentes interventions auprès des contacts.

    Le groupe de risque 4, ce sont des agents pour lesquels il y a de grandes conséquences : mortalité et potentiel de transmission élevée, des maladies qui peuvent perturber de façon significative la société.

    On y trouve par exemple le virus de l’Ebola : si on a ce type d’agent qui se présente chez un patient au Québec, c’est le branle-bas de combat. Il va y avoir des isolements stricts des contacts, on ne va pas laisser les gens sortir de chez eux ou du moins on va les suivre de très près.

    Des cas de niveau trois, ça nous arrive relativement souvent. On peut penser en ce moment à l’éclosion de tuberculose au Nunavik. Dans la dernière année, sur un eu 130 cas de tuberculose au Québec.

    Le niveau quatre c’est très rare. On a plus souvent des soupçons que des vrais cas. Des fièvres hémorragiques comme l’Ebola, on n’en a jamais eu au Québec.

    Q Doit-on craindre une éclosion d’Ebola au Québec?

    R. Ce n’est pas une maladie qui se transmet par les airs. Il faut avoir été en contact avec les fluides corporels d’une personne infectée et symptomatique.

    Si on soupçonne qu’une personne aurait pu être en contact avec des cas d’Ebola, elle va être surveillée. Il y a un agent de quarantaine qui va appeler la personne. On va surveiller si la personne change de région, on va rester en contact avec elle.

    Comme l’Ebola est une maladie de catégorie quatre, selon des protocoles très stricts qui font que les risques de transmission à la communauté sont très faibles.

    Q Comment la pandémie de COVID-19 nous at-elle préparé aux pathogènes émergents ?

    R. Sur un informé énormément. Les pandémies précédentes, c’était de la grippe, et on connait pas mal ça.

    Avec la COVID-19, on a été aux premières loges pour voir le fameux pathogène «X», un nouveau microbe ou virus pour lequel on ne connaît rien et auquel on demande aux instituts de santé publique de se préparer

    Sur un acquis de très bons réflexes de mobiliser la communauté de la recherche et la sécurité civile. Et ça nous a déjà servi : l’éclosion de mpox de 2022 est passée inaperçue parce qu’on a été extrêmement efficace.

    C’est un virus qu’on connaît, mais qui a muté. On a réalisé en mai que le monde occidental était confronté à une épidémie, surtout chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes.

    Montréal a été une des premières villes touchées. La santé publique de la ville a après été citée en bon exemple dans sa gestion de l’éclosion.

    Au laboratoire de santé publique, on a conçu un test de détection en deux semaines seulement. Le fédéral avait aussi une réserve stratégique de potentiel vaccinal. Le vaccin contre la mpox, c’est en fait un vaccin contre la variole, et on a rendu disponibles rapidement les vaccins contre la variole qu’on avait.

    Les organismes communautaires ont également contribué à rejoindre les personnes à risque. Les fonds de recherche en santé ont fait de nouveaux concours pour pousser les académiciens à orienter leurs travaux pour mieux comprendre le virus.

    On ressort de la pandémie avec une boîte à outils et des façons de procéder qu’on a pu mettre à l’épreuve.

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