L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal est rentré mardi 18 novembre en France après un an d’emprisonnement en Algérie qui a encore tendu les liens difficiles entre Paris et son ancienne colonie, ont indiqué ses partisans et la présidence française. Sansal, 81 ans, s’est rendu en France depuis l’Allemagne, où il recevait des soins médicaux après sa libération la semaine dernière, négociée dans le cadre de négociations entre Alger et Berlin.
Ses romans mettant en garde contre les risques d’un autoritarisme rampant, mais aussi d’islamisation, ont fait de lui un favori de la droite en France mais profondément impopulaire auprès des autorités de son pays de naissance. À son arrivée en France, Sansal a été accueilli par le président Emmanuel Macron lors d’une réunion au Palais de l’Elysée, a indiqué la présidence française.
Macron, dit-il, est “ravi de la libération de M. Sansal, un grand écrivain dont la dignité, la force morale et le courage ont été exemplaires”. Son comité de partisans qui ont milité pour sa libération a déclaré dans un communiqué accueillir “avec une profonde émotion le retour en France de notre ami et compatriote”. Le groupe a ajouté : “Ce sera désormais à l’écrivain de choisir le moment et la manière dont il souhaite s’exprimer”.
« Geste humanitaire »
Sa détention a été considérée par ses partisans comme une conséquence d’un conflit politique entre l’Algérie et la France sur la souveraineté du territoire du Sahara occidental, où Paris soutient les revendications du Maroc, son rival nord-africain d’Alger. L’Algérie a condamné Sansal à une peine de cinq ans de prison en mars pour atteinte à son intégrité territoriale après l’avoir arrêté en novembre de l’année dernière à son arrivée de France.
En octobre 2024, Sansal a déclaré à un média français d’extrême droite que la France avait injustement transféré le territoire marocain à l’Algérie pendant la période coloniale 1830-1962. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a gracié Sansal la semaine dernière après que le président allemand Frank-Walter Steinmeier a appelé à un “geste humanitaire” en raison de sa santé fragile.
Même après la libération de Sansal, le journaliste sportif français Christophe Gleizes reste incarcéré en Algérie, condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » pour avoir tenté d’interviewer un groupe hors-la-loi. La France “espère ardemment” la libération de Gleizes et “nous y travaillons”, a déclaré la présidence française. Le comité de soutien de Sansal a, pour sa part, demandé la “libération immédiate” de Gleizes.

