Plus grand palmarès du ski alpin français, Alexis Pinturault doit faire le deuil d’une ultime participation aux Jeux olympiques. De retour après deux hivers plombés par les blessures, le triple médaillé olympique n’a pas été sélectionné pour les Jeux de Milan-Cortina, qui débutent le 6 février 2026.
Le skieur de Courchevel aux 34 victoires en Coupe du monde, trois podiums olympiques et trois titres mondiaux, en manque de gros résultats cet hiver, n’a pas été retenu parmi les sept hommes sélectionnés en ski alpin, dont le champion olympique du slalom Clément Noël et la révélation Paco Rassat.
Seulement sept quotas masculins pour le ski alpin
En raison d’une règle complexe d’attribution des quotas olympiques entre les pays par la Fédération internationale de ski, qui prend en compte les résultats depuis un an et demi en privilégié les skieurs polyvalents, le clan français avait déchanté il ya dix jours en comprenant qu’au lieu des onze places estimées pour les hommes, il n’en obtiendrait finalement que sept (huit pour les femmes). « Ça va être assez difficile »anticipait déjà mi-janvier Xavier Fournier-Bidoz, entraîneur du groupe vitesse de l’équipe de France.
Pour quelques skieurs (Clément Noël, Paco Rassat, Nils Allègre), la sélection ne faisait pas de doute, mais pour d’autres cas, les sélectionneurs avaient de quoi s’arracher les cheveux.
En slalom, qui de Steven Amiez ou de Victor Muffat-Jeandet, tous les deux dans le top 15 mondial ? En vitesse, Nils Alphand et Matthieu Bailet ont montré qu’ils pouvaient frapper de grands coups, mais Maxence Muzaton a redistribué toutes les cartes samedi en arrachant à 35 ans et à la surprise générale la 3e place de la mythique descente de Kitzbühel. Et en géant, comment décider de se priver d’Alexis Pinturault, immense nom du ski français, quand bien même il n’est pas le plus performant cet hiver ?
Face au casse-tête, le verdict est tombé : ce sera Nils Alphand et Maxence Muzaton en vitesse, Steven Amiez en slalom et Léo Anguenot en géant. En renonçant donc à Alexis Pinturault, cadre de l’équipe de France depuis plus de douze ans.
« Je n’estime pas avoir un passe-droit »
À 34 ans, le skieur de Courchevel avait fait des Jeux olympiques de Milan Cortina une de ses principales sources de motivation pour ne pas arrêter pour de bon sa carrière après deux graves blessures aux genoux en janvier 2024 puis en janvier 2025. Il avait décidé, cette saison, d’abandonner les épreuves de vitesse, auquel il s’était consacré depuis deux ans, pour se concentrer uniquement sur le géant, « ce que je maîtrise le mieux » et y espérer une qualification olympique.
Mais les résultats cet hiver (trois tops 15, cinq tops 20 en six courses de Coupe du monde) n’auront pas été suffisants. « Je n’estime pas avoir un passe-droit, je pense que, comme tout le monde, je dois montrer des résultats », pointait janvier début le vainqueur du classement général de la Coupe du monde en 2021.
Chez les femmes, la France disposait de huit quotas en ski alpin, pour à peine plus d’athlètes évoluant sur le circuit de la Coupe du monde. Cheffe de fichier des Bleues, Romane Miradoli a été sélectionnée avec Camille Cerutti et Laura Gauché, Marie Lamure, Marion Chevrier, Clara Direz, Caitlin McFarlane et Doriane Escané.
Au total 160 athlètes français (158 + 2 remplaçants pour le bobsleigh) ont été sélectionnés pour Milan-Cortina 2026, un record pour des Jeux d’hiver.

