Des Jeux olympiques accessibles à tous, mélangeant badminton, natation, escalade ou encore padel, ont lieu du 11 au 26 avril en région parisienne. Le tout dans une ambiance «bon enfant», pour l’amour du sport.
Thibault Azoulay n’oubliera jamais les JO de Paris. «J’ai dû perdre une trentaine d’heures de sommeil pendant ces quinze jours. Je bossais la nuit et le jour, j’allais voir des épreuves»raconte ce jeune Parisien de 27 ans, organisateur des «Thibolympiques», des Jeux olympiques accessibles à n’importe qui. La deuxième édition se déroulera du 11 au 26 avril.
Le concept est simple : des épreuves sont organisées pendant deux semaines à travers la capitale ou en proche banlieue. Chacun peut s’inscrire à une discipline… ou plusieurs (7 maximum par personne). Les disciplines sont parfois identiques à celles qu’on peut voir tous les quatre ans l’été : tennis, tennis de table, badminton, natation, rugby à 7, triathlon ou athlétisme (100 mètres, saut en longueur…).
Passer la publicité
Des sports moins intenses « comme la pétanque ou les fléchettes »
«Cette année, on a autorisé des sports qui ne sont pas du tout olympiques, comme la pétanque ou les fléchettes»précise Thibault. L’idée prend racine dans les JO 2024 donc, et dans sa fibre d’animateur. «Avant, j’organisais des surprises pour les anniversaires de mes potes.» Puis des événements dans des cafés-théâtres «avec 30 ou 40 personnes». Puis est lieu l’ambition «d’organiser des Olympiades, tout simplement».
La première édition, en 2025, a réuni une centaine de personnes au total, via «le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux». Pas de site internet, seulement un compte Instagram avec le lien du formulaire pour s’inscrire. Pour les lieux, «une semaine à l’avance, on avait réservé l’entièreté des terrains de padel pour la soirée. On savait combien il y avait de participants, combien de temps on estimait la durée des matchs… On a fait ça pour la plupart des épreuves»développe ce journaliste pigiste, chef d’édition pour des chaînes d’information généraliste.
Et l’argent dans tout ça ? L’an dernier, Thibault en a eu pour «500 ou 600 euros de ma poche». Cette année, le prix de l’inscription est fixé à 10 euros par épreuve, avec un montant dégressif (50 euros pour 7 épreuves). « L’idée de base, c’était d’aller chercher des sponsors pour un peu réduire les coûts. J’aurais bien aimé qu’il y ait un maillot Thibolympiques»complétez le «fils spirituel de Tony Estanguet» comme il se définit avec humour, aidé par plusieurs amis dans une organisation parfois artisanale, mais qui n’entache rien au plaisir qui en découle.
L’esprit des Jeux olympiques au niveau amateur.
Vincent, médaillé de bronze du classement général en 2025
«J’ai vécu une de mes plus grandes émotions sportives au badminton, confie Vincent, 30 ans, sportif dans l’âme et touche-à-tout. J’étais aligné en simple et en double. J’avais rarement fini une séance de sport aussi rincé. Je suis allé au bout de moi-même. J’avais vraiment l’impression d’être un olympien, d’être allé au bout de mes capacités.» Médaillé de bronze du classement général, il décrit «une très bonne ambiance, bon enfant, on peut discuter avec tout le monde, tu découvres des gens qui viennent de tous les horizons». C’était «l’esprit des Jeux olympiques au niveau amateur»reprends-t-il.
Conséquence de l’amateurisme : le niveau est hétérogène, allant de pratiquants (très) occasionnels à quelques rares anciens semi-pros, comme au panier 3×3. Par ailleurs, toutes les épreuves en simple sont mixtes, celles en double (badminton, tennis et tennis de table) ou en relais (athlétisme et natation) le sont obligatoirement. «J’avais espoir d’être à la parité l’an dernier»regrette Thibault, estimant à 25% le nombre de participants. Pour une question d’équité, sur les épreuves chronométrées, «on fait des équivalences selon les fédérations. Il existe des tableaux qui te diront à quoi correspondraient, chez les hommes, 50 minutes sur un 10 kilomètres par une femme»,développe l’organisateur.
Passer la publicité
E-Sport, minigolf et podiums avec remise des médailles
«On a rajouté des disciplines un peu plus fun pour que les gens qui ne sont pas très branchés sport se chauffent»détaille Thibault, qui participe lui aussi. «J’ai gagné la médaille d’argent au minigolf alors que j’en avais fait deux ou trois fois dans ma vie.» L’e-sport sera également proposé, avec des tournois sur EA Sports FC (ex-Fifa) et Mario Kart.
À la clé, «des médailles remises pour chaque podium de chaque épreuve» et des lots pour les meilleurs du classement général, élaborés en additionnant les points marqués par chacun selon son résultat dans les disciplines auxquelles il ou elle était inscrite. «Le gagnant repart avec une vraie coupe Thibolympiques, et d’autres récompenses pour le top 5. L’an dernier, le premier a gagné une Smartbox, le deuxième une carte-cadeau FNAC, le troisième un puzzle des JO 2024.» De quoi prolonger, même une fois rentré à la maison, l’esprit olympique.

