Quelle dépendance aux droits télé ?
D’un côté comme de l’autre de la frontière, les budgets des clubs sont construits sur les quatre mêmes piliers qui font entrer de l’argent dans les caisses : les droits télé, les revenus liés au jour de match (billetterie, VIP), les revenus commerciaux (contrats de sponsoring et le merchandising qui regroupent les produits dérivés) et le trading de joueurs, soit les ventes au mercato.
Et comme chez nous, la part des revenus médias représente entre 35 % (pour les plus grands clubs) et 70 % (pour les plus modestes) des ressources. Autrement dit : plus un club est petit, plus il est dépendant des droits télé.
Combien vont toucher les clubs ?
Un coup de froid en plein été. Début août, la LFP a communiqué le guide de répartition initiale des droits audiovisuels et de l’indemnité de résiliation de DAZN Ligue 1 saison 2025/26. Avec des prévisions extrêmement basses pour des clubs qui avaient été prévenus par la DNCG. Le gendarme financier du football français s’était montré très clair : il fallait construire les budgets sans aucune recette liée au lancement réussi de Ligue 1+.
Initialement, les 18 clubs de l’élite devaient donc se partager 80,4 millions d’euros. Un montant qui a finalement augmenté pour passer, selon L’Équipe à 222,4 millions grâce à Ligue 1+. De quoi éviter le cataclysme mais pas la crise.
Concrètement, le champion de France pourrait toucher cette année jusqu’à 30,1 millions, le dernier 3,72 millions. Des montants à des années-lumière des 165,7 millions obtenus par le Paris SG en 2023/24 quand l’OM avait empoché 95,2 millions cette saison-là où les écarts avec Le Havre, dernier qui avait récupéré 5,7 millions, étaient déjà prononcés…
Quel a été l’impact pour les clubs ?
Le fameux lieu commun du vendre avant d’acheter n’a jamais été aussi visité que cette année en Ligue 1. Pour la deuxième fois de son histoire, le championnat de France a dépassé le milliard de ventes. Mais jamais sa balance n’avait été autant positive : cet été, elle affichait un excédent de 353,75 millions d’euros, le plus important d’Europe juste devant… la Pro League (235,68 millions).


La lecture du top 5 des clubs les plus dépensiers dessine aussi une nouvelle tendance. Strasbourg (111,5 millions) domine ce classement grâce à BlueCo qui détient également Chelsea. Derrière la multipropriété, les historiques Paris et Marseille (103 millions et 96,2 millions) sont suivis par Rennes et le PFC. Les Bretons (67,75 millions) peuvent compter sur les Pinault, sixième famille la plus riche de France et les Parisiens (57,3) sur les Arnault, plus grosse fortune hexagonale, pour assurer un train de vie à la baisse partout ailleurs. Sans banqueroute donc mais à l’économie.

