- Le gouvernement vise à supprimer la TVA de longue date sur l’exploration pour raviver l’intérêt des investisseurs
- Cette décision intervient alors que la Côte d’Ivoire et la Guinée attirent davantage de capitaux d’exploration
- L’or reste la clé de l’économie du Ghana, représentant 57 % des exportations en 2024
Le ministre des Finances du Ghana, Cassiel Ato Forson, a annoncé à la fin de la semaine dernière le projet du gouvernement d’abolir la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 15 % appliquée aux dépenses d’exploration minière. Cette initiative pourrait repositionner le pays dans la course à l’exploration de l’or, à l’heure où d’autres États d’Afrique de l’Ouest, comme la Côte d’Ivoire et la Guinée, attirent de plus en plus l’attention des investisseurs.
Renforcer la compétitivité minière du Ghana
En vigueur depuis plus de 25 ans, la taxe s’applique aux investissements liés à l’échantillonnage et aux forages entrepris lors de travaux d’exploration. Sa suppression est attendue “Raviver la confiance des investisseurs, stimuler les nouvelles activités et assurer la durabilité à long terme du secteur minier du pays”, a déclaré le ministre, selon Reuters.
Bien que le Ghana reste le plus grand producteur d’or d’Afrique, il n’a enregistré qu’un nombre limité de nouveaux projets miniers ces dernières années. L’ancienne Gold Coast a attendu plus d’une décennie pour voir une nouvelle mine d’or entrer en production, avec le projet Namdini (Shandong Gold) lancé en 2024. La Chambre des mines a longtemps exprimé ses inquiétudes, arguant que la taxe mine la compétitivité du pays par rapport aux autres pôles miniers.
“La plupart des entreprises dans ce domaine prennent des risques, mais elles paient la TVA sur les analyses et les forages, qui représentent le coût d’exploration le plus élevé (…). Nous perdons face au Kenya et à la Côte d’Ivoire à cause d’une mauvaise politique fiscale”, » a déclaré Ahmed Nantogmah, PDG de la Chambre des Mines, plus tôt cette année, selon les médias locaux.
La référence à la Côte d’Ivoire n’est pas fortuite : le secteur aurifère du pays est devenu de plus en plus attractif. Selon Justin Tremain, PDG de Turaco Gold, la Côte d’Ivoire est le «le meilleur endroit au monde» pour construire une mine d’or. Sa société a annoncé cette année une levée de fonds de 39 millions $ pour faire avancer son projet Afema, tandis que d’autres acteurs comme Aurum Resources sont également actifs.
La Guinée suit une tendance similaire, bénéficiant de l’intérêt croissant des sociétés minières. En mai, Fortuna Mining a annoncé qu’elle allouerait une partie de son budget d’exploration à ses actifs guinéens et, quelques mois plus tard, Sanu Gold a annoncé un financement de 8,4 millions $ pour soutenir ses travaux dans le pays. Perseus Mining, déjà présent en Côte d’Ivoire et au Ghana, investit également dans le secteur aurifère guinéen.
Soutenir un secteur économique clé
À l’instar de la Côte d’Ivoire et de la Guinée, les efforts du Ghana pour attirer de nouveaux investissements dans l’industrie aurifère sont motivés par une logique économique, compte tenu de la contribution significative de ce métal aux recettes publiques. Selon un rapport de la Banque du Ghana, l’or représentait 57 % des exportations totales en 2024, générant 11,6 milliards de dollars. Le projet de suppression de la TVA sur l’exploration intervient également dans un contexte de hausse prolongée des prix de l’or.
Coté à plus de 4 000 dollars l’once mardi 18 novembre, le prix de l’or a augmenté de plus de 50 % depuis le début de l’année, dépassant la hausse annuelle d’environ 30 % enregistrée fin 2024. Malgré ces conditions de marché favorables, le succès du plan ghanéen est loin d’être garanti.
Il n’y a toujours aucune certitude que la suppression de la TVA entraînera un regain d’investissement dans l’exploration. Les investisseurs potentiels pourraient prendre en compte d’autres facteurs, notamment au moment où le pays a annoncé le lancement d’un audit minier. Cette initiative devra être suivie de près, compte tenu de sa potentielle sensibilité pour le climat des affaires.
Au Mali, où les autorités ont mené un audit qui a finalement abouti à une nouvelle réglementation minière en 2023, des tensions sont apparues entre les sociétés minières et le gouvernement. Un différend fait rage entre Bamako et la société canadienne Barrick Mining, exploitant de la mine d’or de Loulo-Gounkoto, la plus grande du pays.

