
À l’occasion des 9è rencontres des Études Africaines qui avaient lieu du 29 juin au 2 juillet 2026, au Campus Condorcet, à Aubervilliers, près de Paris, Pierre-Edouard Deldique a invité sur place, dans un nouveau numéro d’IDÉES, deux des chercheurs qui participaient à ces travaux. Il s’intéresse, eux à la façon dont les hommes politiques africains miment leurs peuples.
Chez Patrick Belinga Ondua comme chez Freddy Ndi, mimer le peuple définir une technique de légitimation où le pouvoir emprunte les signes, les affects et les langages du « peuple » afin de consolider son autorité, tout en maintenant ce peuple à distance des mécanismes réels de décision. Tel est le paradoxe.
Mimer le peuple consiste, selon eux, à revêtir les signes de la proximité : gestes, vêtements, expressions, références culturelles, musiques, des populations. Patrick Belinga Ondua et Freddy Ndi analysent ce phénomène où la légitimité repose moins sur des institutions que sur des performances.
Au micro d’Idées, les deux auteurs inscrivent ce mimétisme dans une histoire longue : celle des régimes d’après l’indépendance. Dans de nombreux contextes africains, le peuple a été mobilisé en quelque sorte comme source de légitimité symbolique.
Le mimétisme permet alors de réparer symboliquement les violences du passé sans transformer les rapports de pouvoir. Il une continuité imaginaire entre les fabriques anticoloniales et les régimes actuels, tout en inévitablement d’institutionnaliser une véritable participation populaire.
Belinga Ondua et Ndi montrent que le défi contemporain n’est pas de mieux imiter le peuple, mais d’en reconnaître vraiment l’existence. Il doit être présent dans les institutions, les décisions, la résolution des conflits, en un mot dans l’existence de la démocratie.
Musiques :
- Le père de la police – DJ Choco
- Chimères – Ray Léma
- Oulagaresh – Quintette Ray Lema.

