Alors que l’Iran a affirmé qu’un accord ne sera pas ratifié ce week-end, mais plutôt dans “les prochains jours”, Donald Trump assure que les États-Unis signaient quand même ce dimanche 14 juin, jour de son anniversaire.
L’essentiel
- La guerre en Iran s’arrêtera-t-elle ce week-end malgré tout ? Si Téhéran a exclu la signature d’un accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ce week-end, affirmant qu’il fallait encore patienter “les prochains jours”, Donald Trump assure que Washington ratifiera tout de même un texte ce dimanche 14 juin, jour de ses 80 ans. Une délégation diplomatique du Qatar, qui tient du rôle de médiateur dans les discussions, s’est rendue en Iran dans la matinée pour tenter d’accélérer le processus, selon CNN.
- L’accord de paix qui se fait attendre pourrait comprendre un arrêt des combats sur l’intégralité des fronts, Liban inclus. Le texte garantirait également la réouverture du détroit d’Ormuz, un plan de reconstruction par Washington et ses alliés, ainsi que l’engagement de l’Iran à ne pas produire d’armes nucléaires, selon l’agence iranienne Mehr News.
- Au Libanl’armée israélienne poursuit son avancée dans le sud du pays et se frotte au Hezbollah. Vendredi soir, Téhéran de son côté a annoncé que le Liban partie faisait de l’accord qui pourrait être prochainement validé avec Washington.
- Le détroit d’Ormuz pourrait être complètement débloqué en cas d’accord. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a annoncé vendredi soir qu’une déclaration concernant le contrôle futur du détroit d’Ormuz devrait être publiée “prochainement”, ajoutant que le régime ne percevrait plus de pénalité, mais des “frais de service” pour le transit.
En direct
13:46 – Quels sont les points de tension au cœur de l’accord entre l’Iran et les États-Unis ?
L’Iran et les États-Unis afficheraient de profondes contradictions quant aux mêmes termes du protocole d’accord, selon des sources proches du dossier citées par CNN. Concernant le détroit d’Ormuz, Washington prévoit une réouverture totale sans frais sous 30 jours, tandis que Téhéran revendique l’application de « frais de service ». Sur le plan nucléaire, les Américains affirment que l’Iran s’engagera à renoncer à l’arme atomique et que ses matières nucléaires seront détruites, alors que les médias iraniens soutiennent qu’aucun nouvel engagement immédiat ne sera pris avant une période de négociation de 60 jours. Les divergences s’étendent aussi aux finances : l’Iran affirme qu’il obtiendra le déblocage immédiat de la moitié de ses 24 milliards de dollars de fonds gelés ainsi qu’un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars pour réparations de guerre, des clauses totalement omises ou réfutées par la partie américaine qui conditionne tout déblocage de fonds à des actions concrètes. Enfin, sur le plan géopolitique, si un cessez-le-feu de 60 jours “sur tous les fronts” est évoqué pour mettre fin au conflit, notamment au Liban, Israël a déjà réaffirmé sa volonté de poursuivre ses frappes contre le Hezbollah.
12:55 – Marine Le Pen annonce que le RN sollicite un débat à l’Assemblée nationale sur le Liban
Marine Le Pen a annoncé sur son compte X que le Rassemblement National va solliciter un débat à l’Assemblée nationale, en vertu de l’article 50-1 de la Constitution, afin de clarifier la position et les propositions de la France concernant l’avenir du Liban, notamment après la mission de la Finul. La cheffe de dossier des députés RN, qui déplore le silence actuel de Paris sur ce dossier, a affirmé qu'”il faut soutenir Israël dans sa lutte contre le Hezbollah, c’est une évidence”. “Il faut traiter le problème du Liban en même temps que ces négociations, sinon on va commettre les mêmes erreurs qu’en 2006 et le Hezbollah continue à agir”, a-t-elle insisté.
Il faut soutenir Israël dans sa lutte contre le Hezbollah, qui est en réalité une émanation iranienne, et trouver une solution pour le Liban.
Nous allons demander un débat à l’Assemblée nationale pour savoir quelle est la position de la France. pic.twitter.com/DYEwp4Ehnj
–Marine Le Pen (@MLP_officiel) 14 juin 2026
12h15 – En Iran, des manifestants et des politiciens s’opposent à l’accord avec les États-Unis
En Iran, les ultraconservateurs s’opposent fermement à certains points du projet d’accord avec les États-Unis, mettant à mal la déclaration de Donald Trump, qui espérait signer ce mémorandum le jour de ses 80 ans alors Téhéran n’a pas encore validé de texte final. La figure de proue du mouvement, Mahmoud Nabavian, a vivement apprécié l’accord à la télévision, affirmant qu’il ferait de l’Iran une “colonie” américaine obligée d’ouvrir le détroit d’Ormuz à Israël et de demander l’autorisation de Washington pour le moindre enrichissement d’uranium civil, tout en dénonçant le flou persistant sur la levée des sanctions et le dégel des avoirs iraniens, selon CNN.. Face à cette contestation, qui a lieu en parallèle de manifestations réclamant la démission des négociateurs Abbas Araghchi et Mohammad Bagher Ghalibaf — accusés d’avoir trahi la mémoire de l’ancien Guide suprême assassiné en février —, plusieurs médias proches du pouvoir, comme le journal Javan, ont appelé à l’unité en reprochant aux manifestations de violer les consignations du nouveau Guide Mojtaba Khamenei.
11:57 – Des diplomates du Qatar sont arrivés en Iran pour faciliter l’accord avec les États-Unis
Selon une source proche du dossier citée par CNN, des négociateurs qataris se sont rendus à Téhéran das la matinée de ce dimanche 14 juin afin de faciliter la finalisation de l’accord. Ces discussions interviennent alors que Washington et Téhéran manifestent des divergences sur la date de signature de l’accord. Cette rencontre fait suite à un premier échange survenu plus tôt cette semaine dans la capitale iranienne, au cours de laquelle l’Iran avait transmis son propre projet d’accord via la médiation qatarie.
11h35 – Donald Trump affirme que les États-Unis signeront un accord ce dimanche
Le président américain a annoncé que les États-Unis signaient ce dimanche 14 juin, jour de son propre anniversaire, un accord avec l’Iran destiné à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Toutefois, cette date est loin d’être confirmée par Téhéran, les autorités iraniennes ayant annoncé la veille qu’une signature n’aurait pas lieu ce week-end, mais dans “les prochains jours”.
En savoir plus
Le début de la guerre en Iran, lancé par les Etats-Unis et Israël
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe de frappes sur l’Iran. Côté israélien, l’opération est nommée “Roaring Lion” (Lion rugissant), côté américain “Epic Fury” (“Fureur épique”). Les objectifs vont du renversement du régime à l’affaiblissement du programme nucléaire iranien, en passant par la destruction des capacités militaires de la République islamique, jugées comme une menace, notamment par Israël.
En plus de cibler l’arsenal iranien, la coalition israélo-américaine va mener une campagne d’élimination des dirigeants iraniens. Un nombre important de personnalités politiques du régime sont tuées dès les premières heures du conflit, dont le guide suprême Ali Khamenei. Son fils Mojtaba Khamenei, qui a repris le flambeau le 8 mars 2026, a lui aussi été ciblé et son état de santé va rapidement faire l’objet de spéculations.
La réplique de l’Iran et la contagion au Liban et au Moyen-Orient
Dès le 28 février 2026, l’Iran a répliqué aux frappes des Etats-Unis et Israël, en lançant des centaines de drones et missiles balistiques vers Israël et vers les bases militaires américaines dans le Golfe, en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
Dans la nuit du 1er au 2 mars, en réponse à la mort d’Ali Khamenei, le Hezbollah, allié de l’Iran, a lancé depuis le Liban des salves de roquettes et de drones vers le nord d’Israël. L’armée israélienne a qualifié cette offensive de « déclaration de guerre officielle » et a lancé une vaste campagne de bombardements au Liban.
Le 2 mars 2026, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, bloquant instantanément de nombreux navires de fret et pétroliers, et suspendant une partie importante du trafic pétrolier mondial. L’Agence internationale de l’énergie a qualifié cette fermeture de “plus forte perturbation d’offre de l’histoire”.

