La Chambre des représentants a ordonné le retrait de l’armée américaine dans la guerre contre l’Iran. Désormais lâché par le Congrès, Donald Trump apparaît affaibli face à l’Iran qui ne perçoit « aucun progrès tangible » dans les négociations avec les Etats-Unis.
L’essentiel
- La guerre en Iran vit son 96e jour ce jeudi 4 juin 2026 avec un véritable coup dur pour Donald Trump : lLa Chambre américaine des représentants a adopté mercredi un texte ordonnant le retrait des troupes américaines dans la guerre contre l’Iran, un camouflage pour Donald Trump qui a engagé les Etats-Unis dans ce conflit en février dernier. Attention, cette résolution possède une portée avant tout symbolique, en raison du droit de veto du président américain. “Il est temps de mettre fin à cette guerre illégale et profondément impopulaire”, indique le texte.
- La guerre entre Israël et le Liban pourrait prendre fin. Dans une déclaration commune dans la nuit, Israël et le Liban ont convenu de “la mise en oeuvre d’un cessez-le-feu” à l’issue de deux jours de pourparlers à Washington. Ce cessez-le-feu est conditionné à l’arrêt des tirs du Hezbollah, qui rejette ces discussions, et à “l’évacuation” de tous ses membres du secteur situé au sud du fleuve Litani. Les deux parties ont également convenu de participer à une nouvelle session de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d’un “accord global”. Ce jeudi, Naïm Qassem, le chef du Hezbollah, a fustigé l’accord de Washington entre le Liban et Israël comme étant « une capitulation et une défaite ». Il exige un “cessez le feu mondial” et un retrait d’Israël du Liban.
- Les négociations pour mettre fin à la guerre en Iran se poursuivra mais patinent. Mercredi soir, Téhéran affirmait toutefois qu’il n’y avait “aucun progrès tangible” dans les négociations avec les Etats-Unis alors que Donald Trump déclarait de son côté que les discussions avec l’Iran pourraient aboutir “ce week-end”. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a lui assuré que la question de l’uranium enrichi était “clairement abordée” avec l’Iran, concédant toutefois que Téhéran n’avait pas donné son aval.
- Le détroit d’Ormuz est toujours bloqué par l’Iran. Le régime iranien affirme pourtant autoriser le transit de certains navires qui imposent des frais pour les “services de navigation” et a démenti vouloir instaurer un péage. Il assure “contrôler le trafic et la navigation” grâce à un dispositif coordonné avec Oman.
En direct
15h30 – “Nous soutenons le cessez-le-feu entre le Liban et Israël”, dit Emmanuel Macron

“Nous soutenons le cessez-le-feu entre le Liban et Israël pour restaurer la paix, lutter contre le terrorisme et rétablir pleinement la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban”, déclare Emmanuel Macron, en visite au Monténégro, ce jeudi. La France se “tient à disposition pour avancer sur ce chemin”, poursuit le président de la République.
15h22 – Le Hezbollah exige un “cessez le feu mondial”
Naïm Qassem, le chef du Hezbollah, fustige l’accord de Washington entre le Liban et Israël comme étant « une capitulation et une défaite ». Il exige un “cessez le feu mondial” et un retrait d’Israël du Liban. Le chef du Hezbollah appelle par ailleurs le Liban à « arrêter la mascarade et l’humiliation des négociations » avec Israël.
13h43 – L’accord de la “dernière chance”, estime le Liban
L’accord annoncé à Washington constitue “la dernière chance pour parvenir à un cessez-le-feu mondial et définitif” avec Israël, a affirmé le président libanais Joseph Aoun, en outre attendre “la réponse” du Hezbollah pro-iranien. Il s’est engagé à transmettre la réponse du groupe aux Etats-Unis, dont le président sera “le garant” de l’application de cet accord pour un cessez-le-feu conditionné à un “arrêt complet” des tirs du Hezbollah. “Chaque partie doit assumer la responsabilité si elle ne répond pas favorablement”, a-t-il souligné. Un message du secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, est prévu pour 15 heures ce jeudi 4 juin.
13h40 – Trump furieux contre le Congrès, “ils préfèrent voir notre pays échouer”
“Hier, lors d’un vote sans importance, la Chambre des représentants a voté, avec quatre républicains défectueux et tous les démocrates, pour limiter mes pouvoirs de guerre, alors même que je menais les dernières négociations pour mettre fin à la guerre avec la République islamique d’Iran. Qui ferait une chose aussi antipatriotique ?”, a fustigé sur son réseau Truth Social le président américain Donald Trump. “Les ‘Dumocrates’ (contraction d’idiots et de démocrates, ndlr) sont animés par le syndrome de dérangement anti-Trump. Ils préfèrent voir notre pays échouer plutôt que de me laisser remporter une nouvelle victoire parmi tant d’autres”, conclut-il. Pour rappel, la Chambre américaine des représentants a adopté mercredi un texte ordonnant le retrait des troupes américaines dans la guerre contre l’Iran, un camouflage pour Donald Trump qui a engagé les Etats-Unis dans ce conflit en février dernier.
10h11 – Israël va poursuivre ses opérations dans le sud Liban
Dans un communiqué, le ministre israélien de la Défense Israël Katz affirme que l’accord annoncé dans la nuit pour un cessez-le-feu au Liban prévoit la poursuite des opérations israéliennes. Cette “déclaration de principes” entre Israël et le gouvernement du Liban prévoit dans le sud du Liban “que l’armée, à ce stade, poursuive ses tirs et ses opérations sur le terrain” et se maintienne dans la “zone de sécurité” frontale “y comprise dans le secteur de Beaufort et sans retour de la population (libanaise)”, selon le communiqué. En outre, l’accord prévoit également “la liberté d’action pour Israël, avec l’aval des Etats-Unis, de frapper Beyrouth en réponse à des tirs sur les localités et le territoire israéliens”, affirme le ministre.
09:26 – Le cessez-le-feu au Liban est une “grave erreur”, selon ce ministre israélien
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a qualifié de “grave erreur” l’accord de cessez-le-feu au Liban négocié sous surveillance des Etats-Unis. Pour rappel, dans une déclaration commune dans la nuit, Israël et le Liban ont convenu de “la mise en oeuvre d’un cessez-le-feu” à l’issue de deux jours de pourparlers à Washington.
“Le cessez-le-feu avec le Liban est une grave erreur et une illusion de conseillers qui entraînent le Premier ministre vers de mauvaises décisions”, a écrit le ministre sur X. Le cessez-le-feu est conditionné à un “arrêt complet” des tirs du Hezbollah et à la création de “zones pilotes” sous contrôle de l’armée libanaise.
En savoir plus
Le début de la guerre en Iran, lancé par les Etats-Unis et Israël
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe de frappes sur l’Iran. Côté israélien, l’opération est nommée “Roaring Lion” (Lion rugissant), côté américain “Epic Fury” (“Fureur épique”). Les objectifs vont du renversement du régime à l’affaiblissement du programme nucléaire iranien, en passant par la destruction des capacités militaires de la République islamique, jugées comme une menace, notamment par Israël.
En plus de cibler l’arsenal iranien, la coalition israélo-américaine va mener une campagne d’élimination des dirigeants iraniens. Un nombre important de personnalités politiques du régime sont tuées dès les premières heures du conflit, dont le guide suprême Ali Khamenei. Son fils Mojtaba Khamenei, qui a repris le flambeau le 8 mars 2026, a lui aussi été ciblé et son état de santé va rapidement faire l’objet de spéculations.
La réplique de l’Iran et la contagion au Liban et au Moyen-Orient
Dès le 28 février 2026, l’Iran a répliqué aux frappes des Etats-Unis et Israël, en lançant des centaines de drones et missiles balistiques vers Israël et vers les bases militaires américaines dans le Golfe, en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
Dans la nuit du 1er au 2 mars, en réponse à la mort d’Ali Khamenei, le Hezbollah, allié de l’Iran, a lancé depuis le Liban des salves de roquettes et de drones vers le nord d’Israël. L’armée israélienne a qualifié cette offensive de « déclaration de guerre officielle » et a lancé une vaste campagne de bombardements au Liban.
Le 2 mars 2026, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, bloquant instantanément de nombreux navires de fret et pétroliers, et suspendant une partie importante du trafic pétrolier mondial. L’Agence internationale de l’énergie a qualifié cette fermeture de “plus forte perturbation d’offre de l’histoire”.

