Abidjan, 24 mai 2026 (AIP) – Le gouvernement se montre confiant quant à une prochaine sortie de la Côte d’Ivoire de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), à la faveur des réformes engagées pour renforcer la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Le Premier ministre Robert Beugré Mambé a exprimé cet optimisme, samedi 23 mai 2026 à Abidjan, à la clôture de la 45e plénière réunion de la Commission technique et de la 31e session du Comité ministériel du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), organisé au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire.
« Les progrès significatifs enregistrés nous donnent à espérer », a déclaré le chef du gouvernement, soulignant que les avancées réalisées dans l’évaluation du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ouvrent la voie à « un lendemain meilleur ».
Beugré Mambé a indiqué que, sous l’impulsion du président Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire a fait de la bonne gouvernance financière, de la transparence économique et de la lutte contre les flux financiers illicites des priorités stratégiques de son action publique.
Selon le chef du gouvernement, plusieurs réformes structurelles ont été mises en œuvre afin de renforcer le cadre juridique et institutionnel, d’améliorer la coopération entre les autorités judiciaires, sécuritaires et financières, ainsi que de consolider les mécanismes de transparence dans les secteurs sensibles de l’économie.
Il a également salué l’engagement des ministères en charge de l’Économie, de la Justice et de l’Intérieur dans cette dynamique, précisant que les efforts conjoints ont permis à la Côte d’Ivoire d’atteindre un niveau élevé de conformité technique avec « 39 recommandations validées ».
Face aux délégations ouest-africaines présentes à cette rencontre, le Premier ministre Beugré Mambé a rappelé que les flux financiers illicites fragilisent les institutions, alimentent l’insécurité et privent les États de ressources indispensables au financement des infrastructures et des politiques sociales en faveur des populations, notamment les femmes et les jeunes.
« Le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et celui de la prolifération des armes de destruction massive constituant des menaces majeures pour la stabilité des États, la paix sociale et la crédibilité des systèmes financiers », a-t-il insisté.

Estimant qu’aucun pays ne peut faire face seul à ces défis transnationaux, le chef du gouvernement ivoirien a plaidé pour un renforcement de la coopération régionale afin de préserver l’intégrité des systèmes financiers dans l’espace ouest-africain.
Le ministre des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a pour sa part souligné que les réformes engagées par la Côte d’Ivoire mobilisent l’ensemble des acteurs nationaux, avec l’appui des partenaires techniques et financiers.
« Notre pays entend maintenir une dynamique soutenue afin de consolider les acquis enregistrés et renforcer davantage l’efficacité de son dispositif national », at-il assuré, rappelant que le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme, la corruption et les trafics illicites subsistent des menaces sérieuses pour les économies de la sous-région.
Le directeur général du GIABA, Edwin Harris Jr., a annoncé que la Côte d’Ivoire sera située sur son statut à l’issue de la troisième évaluation prévue en août prochain.
La 31e réunion du Comité ministériel du GIABA et la 45e réunion plénière de sa Commission technique se sont tenues du 18 au 23 mai 2026 à Abidjan autour des enjeux liés à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme dans l’espace communautaire ouest-africain.
Le GAFI est un organisme intergouvernemental chargé de la surveillance et de la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
(AIP)
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