L’ONU s’est dite inquiète vendredi après les déclarations de la Russie qui a accusé l’Ukraine d’avoir conduit une frappe mortelle sur une école, tout en précisant qu’elle n’était pas en mesure d’en attribuer la responsabilité.
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« Nous suivons avec inquiétude les informations concernant l’attaque de la nuit contre le bâtiment et le dortoir » d’une école située en zone occupée par les forces russes en Ukraine, a déclaré dans un communiqué Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU.
Inquiétude répétée par sa représentante spéciale sur la violation des droits des enfants lors des conflits, Vanessa Frazier, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité réclamée par la Russie.
« Je condamne toutes les attaques contre les civils et les infrastructures civiles », at-elle insisté, notant que l’ONU, n’ayant pas accès à cette zone occupée, n’était « pas en mesure de confirmer les détails de l’attaque rapportée. »
« Il y a beaucoup de choses que nous ne savons pas encore mais ce que nous savons, c’est que le bilan humain de cette guerre révèle un schéma qui défie le droit international humanitaire », a ajouté Edem Wosornu, représentant du bureau des Affaires humanitaires de l’ONU.
Selon les responsables russes, 86 jeunes âgés de 14 à 18 ans se retrouvent dans un dortoir de plusieurs étages, qui s’est effondré à la suite d’une attaque au cours de la nuit dans la région ukrainienne de Lougansk (est), dont Moscou revendique l’annexion.
La Russie a affirmé qu’au moins six personnes avaient été tuées, des dizaines d’autres blessés et 15 portées disparues, tandis que Kiev a démenti avoir visé des civils.
Lors de la réunion du Conseil de sécurité, l’ambassadeur russe à l’ONU Vassili Nebenzia a affirmé que la frappe « ne pouvait pas être accidentelle ».
« Elle a clairement été conduite pour causer le plus de victimes possible. Selon le droit international humanitaire, cela représente un crime de guerre », a-t-il accusé.
Plusieurs membres du Conseil alliés de Kiev ont évoqué des éléments d’informations parcellaires en raison du refus d’accès à ces zones occupées par la Russie, revoyant également Moscou à ses responsabilités pour lancer l’invasion de l’Ukraine en 2022.
« Si nous utilisons la même logique que celle derrière la demande russe de la réunion d’aujourd’hui, nous devrions deux réunions d’urgence par jour, y compris le week-end, pour ne faire qu’effleurer l’ampleur de la terreur, des morts et des destructions infligées par la Russie à l’Ukraine », a noté l’ambassadrice danoise Christina Markus Lassen.

