Manipulés ?
Ces élèves de rhéto voient les professeurs se mobiliser depuis quelques temps et ont décidé de se coordonner. “J’en avais marre de rester à l’école ou à la maison, je voulais agir car les réformes vont aussi nous impacter”explique celle qui baigne dans l’enseignement depuis l’enfance. Après discussion avec Ruben et d’autres élèves, elle décide de créer un mouvement à l’image du collectif de professeurs Mars Attacks.
“On s’est basé sur les fondements de Mars Attacks : on demande la suppression des réformes et on refuse d’être affilié à un parti politique ou à un syndicat”poursuit Lilou. “Notre mouvement soutient les profs mais c’est avant tout pour nous et les générations futures qu’on se mobilise. L’école est le fondement de la société.”
Pas question de parler de manipulation ou d’instrumentalisation de la part des enseignants, insistent les organisateurs. D’ailleurs Mars Attacks n’a pas été concerté. “C’est normal que les élèves soient inquiets. Ils ont raison de l’être notamment avec la hausse du minéral”commente Sébastien Demarche, professeur et un des porte-paroles de Mars Attacks. “La place des élèves est en classe mais les professeurs ne devraient pas plus être dans la rue pour défendre leur métier. On ne réclame rien, on ne veut juste pas que la situation change.”
Du côté des syndicats, on salue le civisme de ces élèves tout en invitant à la prudence.
Pas de droit de grève
Le ministre de l’Éducation Valérie Glatigny entend le mécontentement et rappelle que les jeunes ont le droit de s’intéresser aux débats qui concernent directement leur avenir et leur enseignement. “Mais l’école doit rester un lieu d’apprentissage, protégé de toute forme de pression, d’instrumentalisation ou de propagande.indique son cabinet. “Les jeunes peuvent exprimer librement leur opinion, mais sans pression ni instrumentalisation.
Contrairement aux travailleurs, il n’existe pas de “droit de grève” pour les élèves. De plus les élèves mineurs restent soumis à l’obligation scolaire. “Si les cours sont maintenus, l’élève doit être présent ou ses parents doivent justifier son absence”précise le cabinet. “Si un élève s’absente pour participer à une mobilisation alors que son cours est maintenu et que cette justification n’est pas acceptée par la direction, l’absence sera considérée comme injustifiée.”
Les fondateurs de Students Attacks ont bien pesé le pour et le contre et son prêt à assumer les conséquences. Une réflexion est en cours pour envoyer des représentants de Students Attacks devant le parlement de la FWB le 27 mai, date du vote du fameux décret-programme 2. “On va encore faire des piquets aux côtés des enseignants et on va se mobiliser. Près de 300 élèves vont rejoindre les piquets des enseignants ce jeudi”se félicite une des organisatrices.

