Les Insoumis et le Rassemblement national ont déjà annoncé qu’ils voteraient contre, si bien que son sort est désormais entre les mains des Républicains. Les socialistes avaient auditionné Emmanuel Moulin en amont de son « grand oral » devant les commissaires aux Finances. « Emmanuel Moulin ne présente pas les garanties d’indépendance politique indispensables à la fonction de banque centrale. En tant que principal responsable de la politique économique du gouvernement depuis dix ans, il ne peut se prévaloir d’une quelconque indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif », explique Philippe Brun dans un communiqué.
« Ne pas se faire marcher dessus »
Sur le fond, les socialistes reprochent au candidat de ne pas s’être engagé auprès d’eux « pour le renforcement de la régulation bancaire mais au contraire pour sa dérégulation », d’être favorable « à la relance de la titrisation en Europe » et d’avoir démontré à Bercy « son rôle central dans la défense du lobby bancaire en ayant fait barrage, à plusieurs reprises, aux initiatives européennes pour renforcer la stabilité financière et éviter l’émergence d’une nouvelle crise ». Emmanuel Moulin, 57 ans, a été secrétaire général de l’Élysée pendant un an. Auparavant, il avait été successivement directeur de cabinet de Bruno Le Maire au ministère des Finances, directeur du Trésor et directeur de cabinet de Gabriel Attal à Matignon. Le groupe socialiste au Sénat n’a pas indiqué si la position exprimée par Philippe Brun valait aussi pour les sénateurs PS.
Plus tôt dans la matinée, le président de la commission des Finances, Éric Coquerel (LFI), avait appelé le Parlement à « ne pas se faire marcher dessus » et à rejeter la nomination d’Emmanuel Moulin. Sans remettre en cause les « compétences » de l’intéressé, le député de Seine-Saint-Denis a dit s’y opposer « sur la question de son indépendance », faisant un parallèle avec la nomination récente de l’ex-ministre macroniste Amélie de Montchalin à la Cour des comptes.

