Au terme d’une finale d’une intensité dramatique, l’USM Alger a décroché samedi soir sa deuxième Coupe de la Confédération de la CAF en faisant tomber le géant égyptien Zamalek au bout d’une séance de tirs au but interminable (8-7). Une victoire historique pour le club de Soustara, qui rejoint le cercle restreint des doubles vainqueurs de l’épreuve.
Il faudra du temps pour digérer cette nuit-là. Du temps pour comprendre comment un club algérien a pu, sur la pelouse même de son adversaire, dans un stade international du Caire chauffé à blanc par 70 000 supporters, renverser le cours d’une histoire qui semblait écrite pour Zamalek. Et pourtant, c’est bien l’USM Alger qui soulève le trophée, trois ans après son premier sacré continental face aux Young Africans de Tanzanie.
Un scénario digne des plus grandes finales africaines
Un scénario digne des plus grandes finales africaines
Dès les premières minutes, le rêve égyptien prenait corps. À la 5e minute, le défenseur camerounais des Rouge et Noir Che Malone fauchait dans la surface le milieu palestinien de Zamalek Adam Kaied. Pénalité incontestable. L’attaquant palestinien Oday Dabbagh prenait ses responsabilités et trompait Oussama Benbot pour effacer l’avantage acquis par les Algérois à l’aller (1-0). Sur l’ensemble des deux matchs : 1-1.
Ce duel entre deux internationaux palestiniens, dans une finale africaine de cette envergure, n’aura pas échappé aux observateurs attentifs au football comme reflet du monde. Loin des projecteurs occidentaux, la diaspora palestinienne du ballon rond s’exporte, s’impose, et écrit aussi son histoire sur les pelouses du continent africain.
Le scénario semblait alors basculer dans le sens des Chevaliers blancs. Un mais de Juan Bezerra annulé pour hors-jeu à la 15e minute aurait pu enterrer définitivement les espoirs algérois. Mais l’USMA, coachée par le technicien sénégalais Lamine N’Diaye, a su faire ce que peu d’équipes parviennent à réaliser dans pareille fournaise : tenir, encaisser, résister.
En seconde période, le bloc algérois s’est resserré comme un poing. Compact, discipliné, sans excès d’enthousiasme. À la 85e minute, Oussama Benbot sortait la parade décisive sur une tête puissante de Nasser Mansy, repoussant d’une claquette spectaculaire ce qui aurait pu être le but du sacre du Caire. Le portier algérien est venu de signer l’arrêt d’une vie.
Les 90 minutes s’obtenaient sur ce score de 1-0 en faveur du Zamalek. Direction les tirs au but, cette loterie cruelle où la chance, dit-on, sourit à ceux qui osent.
La séance des nerfs : 16 tirs, un seul taux
La séance des nerfs : 16 tirs, un seul taux
Ce qui s’est joué ensuite restera dans la mémoire du football africain. Quatorze tirs au mais consécutives réussies. Quatorze. Aucune équipe ne flanche, aucun gardien ne tremble suffisamment. La tension monte par paliers, jusqu’à l’insoutenable.
Puis, sur le 15e tir, Mohamed Shehata, capitaine de circonstance du Zamalek, peine à poser le ballon sur le point de pénalité. Oussama Benbot, dans une démarche obtenue, sort de sa ligne pour retarder encore l’exécution. Guerre psychologique pure. Shehata expédie sa frappe largement au-dessus de la transversale.
C’est alors qu’entre en scène le héros inattendu de cette finale : Glody Likonza, milieu offensif congolais entré en jeu à la 69e minute. Le joueur s’avance sans trembler, ajuste sa frappe dans le coin gauche. Le gardien Mohamed Awad touche le ballon du bout des doigts, mais ne peut empêcher le filet de trembler. 8-7. L’USM Alger est championne d’Afrique de la Confédération pour la deuxième fois de son histoire.
Un palmarès et un pactole
Un palmarès et un pactole
Ce sacré n’a pas seulement une portée symbolique. La CAF, qui a doublé les primes de la compétition cette saison, verse à l’USM Alger un chèque record de 4 millions de dollars. Zamalek empoche pour sa part 2 millions de dollars en tant que finaliste malheureux.
Au-delà de l’aspect financier, le club de Soustara décroche son billet pour la Super Coupe de la CAF 2026, où il affrontera le vainqueur de la Ligue des Champions africaine, qui se jouera entre les Sud-Africains de Mamelodi Sundowns et les Marocains de l’AS FAR Rabat.
L’USM Alger devient également le premier club de l’histoire à défendre avec succès une victoire 1-0 à l’aller en finale de Coupe de la Confédération. Pour Zamalek, en revanche, c’est une première historique aussi : jamais le géant cairote n’avait perdu une finale continentale aux tirs au but. Vainqueur en 2019 contre la RS Berkane, puis en 2024 face au même adversaire marocain, le club égyptien voit sa réputation d’invincibilité dans l’exercice s’effondrer.
L’Afrique du Nord règne sur la Confédération
L’Afrique du Nord règne sur la Confédération
Cette édition 2025-2026 aura confirmé l’hégémonie nord-africaine sur la compétition. Le dernier carré était entièrement composé de clubs maghrébins : USM Alger, Zamalek, CR Belouizdad et Olympique de Safi. Une domination qui interpelle, et qui rappelle à quel point le football maghrébin, du Caire à Casablanca en passant par Alger, continue de structurer le continent.
Après avoir remporté la Coupe d’Algérie le mois dernier, l’USM Alger réalise une doublée coupe nationale-coupe continentale qui restera dans les annales du club. À Soustara, dans ce quartier populaire d’Alger où le club est né en 1937, la fête a duré toute la nuit. Et elle n’est sans doute pas près de s’éteindre.

