Un face-à-face frontal à douze mois de l’élection présidentielle. Ce mercredi 29 avril, Bruno Retailleau publie une lettre ouverte à Emmanuel Macron en réponse à ses récents propositions visant les partisans d’une ligne dure avec l’Algérieque le président qualifie de « mabouls ». « Une fois de plus, vous avez choqué. Une fois encore, vous avez esquivé »lance-t-il d’emblée, l’accusant de n’avoir pas eu le courage de le cibler nommément dans sa saillie.
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Le président des Républicains, en campagne depuis son élection comme candidat du parti pour 2027revendique à nouvelle la confrontation directe avec Alger et sa défiance vis-à-vis de l’immigration, fidèle à la ligne qu’il suivait depuis Beauvau il y a un an : « Ce n’est un mystère pour personne : les relations franco-algériennes nous ont profondément opposées. Evidemment, ce désaccord s’inscrivait dans une divergence plus large : vous estimez que l’immigration est forcément une chance, je considère qu’elle est aujourd’hui une charge, et parfois un drame. »
« Cette diversion à toutes les allures d’une capitulation »
« Cette opposition fut d’ailleurs l’une des raisons de mon départ du gouvernement »rappelle Bruno Retailleau, qui n’épargne pas Sébastien Lecornu et énumère ses chagrins visant les arbitrages présidentiels. « Vous le savez, tout comme le sait le Premier ministre : je souhaitais que le ministère de l’Intérieur puisse avoir la main sur les visas d’entrée, afin d’en diminuer le nombre pour les Etats qui, comme l’Algérie, refusent de reprendre leurs ressortissants clandestins. Vous avez refusé d’actionner ce levier de fermeté, comme d’ailleurs tous les autres. Lorsque j’ai proposé et conçu une riposte graduée, vous l’avez enrayée. Lorsque j’ai plaidé pour une dénonciation des accords de 1968 qui nous lient avec l’Algérie, et lui donne des privilèges exorbitants qui n’ont plus lieu d’être, vous vous êtes opposé. »
Nos compatriotes qui, dans leur immense majorité, sont favorables à une politique de fermeté envers le gouvernement algérien ne sont pas des « mabouls », mais simplement des Français qui exigent que la France soit respectée.
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Évoquant la condamnation de Kamel Daoud et les incarcérations de Boualem Sansal et Christophe Gleizes par le régime d’Alger, Retailleau cingle une erreur stratégique originelle du chef d’Etat et l’accusation de s’y tenir par déni : « En réalité, vous ne vouliez pas admettre l’évidence, Monsieur le Président. L’évidence, c’est que votre politique de « réconciliation » avec le gouvernement algérien, inaugurée en 2017, était une impasse. Vous n’avez cessé de trouver des justifications pour écarter la détermination. (…) Monsieur le Président, je veux vous le dire sans détour : cette diversion à toutes les allures d’une capitulation. »
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Le président des Républicains s’oppose alors à Emmanuel Macron sa propre doctrine internationale, le questionnant sur les raisons de son laxisme à l’endroit du voisin algérien quand il plaide la plus grande fermeté face aux régimes hostiles plus éloignés : « N’est-ce pas vous, Monsieur le Président, qui avez déclaré que « pour être libre, il faut être craint, et que pour être craint, il faut être puissant » ? (…) Que redoutez-vous, Monsieur le Président ? Un embrassement des « quartiers » ? »
Celui qui prédisait auprès de Valeurs actuelles en juillet dernier que « le macronisme s’achèverait avec Emmanuel Macron » conclut sa charge à l’aune de l’élection présidentielle prochaine, prenant les Français pour témoins : « Nos compatriotes qui, dans leur immense majorité, sont favorables à une politique de fermeté envers le gouvernement algérien ne sont pas des « mabouls », mais simplement des Français qui exigent que la France soit respectée. Cette exigence est leur droit, et la garantir est le devoir du président de la République. C’est ce courage d’agir qui devra être assumé par celui ou celle qui, dans un an, présidera au destin du pays. C’est le souhait que je forme, la volonté que je porte. »
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