« Entrer ce rapport serait une faute démocratique », avait mis en garde le député ciottiste Charles Alloncle, auteur du rapport contesté sur l’audiovisuel public. Ce document de quelque 400 pages pourra finalement être rendu public dans une semaine après son adoption, ce lundi, à une courte majorité. Un vote négatif est rarissime mais l’issue de ces travaux très houeux était très incertaine.
Après plus de quatre heures de réunion électrique à huis clos et plusieurs suspensions, les 30 députés, membres de la commission d’enquête sur « la neutralité et le financement » de l’audiovisuel public se sont prononcés par 12 voix « pour » et 10 « contre », selon plusieurs participants. « Nous engagerons la bataille ligne après ligne pour montrer l’incohérence des propositions », a réagi l’insoumis Aurélien Saintoul. Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), a voté pour « par souci de transparence vis-à-vis des Français et malgré des différences politiques majeures et des différences de méthode fondamentales avec le rapporteur », Charles Alloncle.
Pas de privatisation
Ce document est le résultat de six mois de travaux souvent houeux. Il contient quelque 80 recommandations faites par Charles Alloncle, déjà égrenées dans la presse au fil des débats et des polémiques. Parmi celles-ci : la suppression des chaînes France 4 et France TV Slash (dédiées aux publics jeunes), de la radio Mouv’, une fusion de France 2 et France 5 au profit d’une « grande chaîne généraliste » et franceinfo et France 24 dans une seule entité. La suppression de jeux téléjugés trop nombreux par Charles Alloncle, a également été avancé. Il propose également de soumettre les chiffres de la télévision et de la radio publiques à une stricte neutralité et de revenir à la nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par l’Élysée. Un « retour à l’ORTF », critique un député du bloc central.
L’ensemble des mesures d’économies permet de dégager plus d’un milliard d’euros, soit un quart des crédits alloués par l’État à l’audiovisuel public. La somme affecterait à « l’entretien du patrimoine » de l’État et au désendettement du pays. En revanche, l’option d’une privatisation de l’audiovisuel public n’a pas été retenue.

