La menace était agitée depuis plusieurs semaines par le régime iranien. La marine des Gardiens de la Révolution a annoncé ce jeudi que les navires passant par le détroit d’Ormuz devaient emprunter deux routes alternatives proches des côtes iraniennesévoquant la possible présence de « mines » navales sur le tracé habituel. « De manière à être protégés de possibles collisions avec des mines, en coordination avec la marine des Gardiens de la Révolution (…), jusqu’à nouvel ordre, (les navires) devront prendre des routes alternatives pour le trafic dans le détroit d’Ormuz », ont indiqué des médias iraniens citant un communiqué militaire. Minage effectif ou menace, la pose de mines n’est à cette heure pas confirmée. La France « ne sait pas » si le détroit a réellement été piégé, a précisé la ministre des Armées. Catherine Vautrin.
Mais cette possibilité est prise très au sérieux. Selon la Agence de renseignement de défense (DIA) américaine, l’Iran possèdeait environ 5 000 mines navales, principalement de deux types. Des mines disent « à orin » qui sont reliées au fond de l’eau par un câble métallique et sont situées à quelques mètres sous la surface de l’eau de sorte qu’elles ne soient pas repérées. Ces mines explosent au contact d’un bateau et provoquent des dommages au niveau de la coque. Ce type d’arme a aussi été retrouvé en mer Noire dès le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en mars 2022, une façon pour Moscou et Kiev de protéger leurs côtes respectives. La Convention de la Haye de 1907 interdit l’utilisation de ces mines si elles ne se désactivent pas automatiquement une heure après leur mise à l’eau.
D’autre part, l’Iran possède également des mines à influence. Ces dispositifs placés au fond de l’eau contiennent une très forte charge explosive et sont équipés de détecteurs qui repèrent le passage d’un bateau. Ils peuvent également s’activer à distance ou encore à compter d’un certain nombre de passages de navires.
« Des compétences européennes »
Les caractéristiques du détroit d’Ormuz – dont la largeur avoisine les 55 km et est d’une faible profondeur – rend la zone particulièrement soumise à la pose de mines navales. Les mines iraniennes pourraient donc être efficaces pour bloquer un espace maritime. Cette stratégie dite de « verrouillage » a déjà été utilisée lors de la guerre Iran-Irak des années 1980.
Une éventuelle opération de déminage après la fin du conflit nécessiterait du temps et des moyens importants. D’autant que l’armée américaine a récemment retiré quatre bateaux chasseurs de mines auparavant stationnés à Bahreïn. « Ce sont plutôt des compétences européennes », a reconnu Catherine Vautrin ce jeudi sur CMRcitant les moyens performants dont disposent les marines françaises, belges et néerlandaises. « Cela fait partie des sujets dont il faudra probablement discuter mais au moment où je vous parle nous ne sommes pas dans une situation où un chasseur de mines est en route pour aller dans le détroit d’Ormuz », a toutefois tempéré le ministre des Armées.

