Jérémy Pradier-Jeauneau, designer aux multiples facettes, incarne une approche du design français où créativité, patrimoine et collectif se rencontrent. Présent au PAD Paris, le salon des arts décoratifs, du 8 au 12 avril 2026, il y présente des pièces uniques, fruits d’un dialogue entre objets anciens et créations contemporaines. Son parcours, marqué par des influences cinématographiques et une passion pour l’artisanat, interroge la place du designer dans un monde en constante évolution.
« Le talent des autres n’enlève rien au mien », clame Jérémy Pradier-Jeauneau, designer et galeriste.
Né à Versailles, il a grandi dans un environnement où l’histoire, le patrimoine et les savoir-faire occupent une place centrale. Cette influence marquante a forgé sa sensibilité artistique et son attachement à la transmission. Jeune adulte, il se tourne vers Paris pour explorer sa passion pour l’art et le cinémaun univers qu’on lui présentait comme inaccessible. Pourtant, Jérémy Pradier-Jeauneau en fait son métier, découvrant très tôt la force du collectif, une leçon apprise sur les plateaux de tournage. Comme il le souligne, un film repose sur l’orchestration de talents variés, et cette dynamique collaborative devient une philosophie de vie.
Sa grand-mère, figure importante dans son parcours, lui a inculqué une conviction fondatrice : « Le talent des autres n’enlève rien au mien. » Cette idée, qu’il applique aussi bien dans le cinéma que dans le design, guide ses choix et ses collaborations. Après une expérience en tant que producteur junior, il ouvre en 2014 un stand aux Puces de Saint-Ouen, marquant le début d’une nouvelle aventure où il mêle intuition, dialogue entre les époques et défense de talents émergents.

Le design comme dialogue entre passé et présent
C’est aux Puces de Saint-Ouen que Jérémy Pradier-Jeauneau affine son approche du design, qu’il aborde comme un terrain de jeu où se croisent histoire et contemporanéité. Son parcours d’antiquaire lui permet de développer une identité singulière, fondée sur l’art de faire dialoguer des pièces anciennes – comme celles de Pierre Guariche ou Charlotte Perriand – avec des créations d’artistes émergents. Cette démarche, à la fois esthétique et conceptuelle, séduit rapidement clients et presse.
Pour lui, le design n’est pas seulement une question de forme ou de fonction, mais un moyen d’interroger notre époque à travers le prisme du patrimoine. Son travail, souvent qualifié de « bourgeois » en raison de ses références classiques (canapés, consoles, fauteuils), dépasse pourtant les codes traditionnels. Il y intègre des questionnements personnels, des doutes et des réflexions sur le monde actuel, transformant chaque pièce en un récit. Son processus créatif, intuitif et collaboratif repose sur des échanges constants avec des artisans, dont le savoir-faire est essentiel pour donner vie à ses idées.

L’artisanat au cœur de la création : entre transmission et lâcher-prise
Jérémy Pradier-Jeauneau insiste sur l’importance des artisans dans son travail. Bien qu’il se définisse comme un « jeune designer » encore en exploration, il reconnaît ne pas maîtriser lui-même les techniques de fabrication. Son talent réside plutôt dans sa capacité à transmettre ses intentions avec précision tout en acceptant une part d’interprétation de la part des artisans. Cette collaboration, qu’il compare à la relation entre un réalisateur et son équipe, est au cœur de sa démarche. Par exemple, son partenariat avec un atelier de céramique lui permet d’explorer de nouvelles matières et formes, prouvant que la création naît souvent d’une alchimie entre vision artistique et expertise technique.
Pour lui, le design est une « épreuve d’humilité » : il faut composer avec la fonction, dialoguer avec les contraintes et parfois s’y soumettre. Cette approche, nourrie par son expérience cinématographique, fait de chaque projet une aventure collective où le résultat final dépasse souvent l’idée initiale.

Entre défis et projets : l’avenir d’un designer aux multiples casquettes
Aujourd’hui, Jérémy Pradier-Jeauneau navigue entre plusieurs rôles : designer, galeriste, antiquaire et directeur artistique. Cette pluralité, bien que stimulante, représente aussi un défi, notamment en termes de gestion du temps et d’équilibre entre ses différentes activités. En 2023, après près de dix ans de gestation aux Puces de Saint-Ouen, son travail de designer a enfin pris son envol, avec des collaborations marquantes. Pourtant, il reste conscient des réalités du métier, entre fantasme et précarité, tout en soulignant la beauté de la diversité du design, qui va de l’objet du quotidien à la pièce de collection.
Pour 2026, il envisage de recentrer son énergie sur ses propres collections, tout en continuant à défendre les talents émergents. Sa participation au PAD (Salon des Arts Décoratifs) en avril marque une étape clé, où il présentera des projets en dialogue avec des artistes. Son mot d’ordre ? « Faites ce qui me plaît. » Une philosophie qui résume son parcours : un mélange d’audace, de passion et de fidélité à ses valeurs.
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