À quelques jours de la tenue annoncée du 12e Congrès ordinaire de l’Union nationale des journaliste de Côte d’Ivoire (UNJCI), prévu pour le 25 mars 2026, les tensions s’intensifient au sein de la faîtière. Deux positions diamétralement opposées se font entendre, révélant une fracture profonde au sein de la corporation.
D’un côté, la liste « UNJCI-Nouvelle Vision », conduite par la candidate à la présidence Marie-Laure N’Goran, conteste vigoureusement la légalité de cette convocation. Dans un communiqué publié le 22 mars 2026, elle dénonce une initiative prise par l’ancien président du Conseil d’administration, Bertin N’Guessanqu’elle juge le contraire aux décisions de justice en vigueur. Selon cette liste, une décision judiciaire rendue le 19 février 2026 suspend le processus du 12e Congrès ordinaire, sans qu’aucune mainlevée n’ait été prononcée à ce jour. Par conséquent, toute tentative d’organisation du congrès serait, à ses yeux, une « violation manifeste du droit » et un « passage en force ».
Le communiqué souligne également que les mandats des instances dirigeantes de l’UNJCI ont expiré depuis le 26 février 2026, rendant ces organes juridiques caducs. La tentative de prorogation intervenue lors d’un congrès extraordinaire, le 25 février, est qualifié d’illégale et fait actuellement l’objet d’une procédure judiciaire dont l’audience est prévue le 26 mars 2026.
Dans ce contexte, « UNJCI-Nouvelle Vision » appelle les journaliste à ne pas participer à ce congrèsqu’elle considère comme « illégale et risquée », et exhorte les autorités judiciaires à faire respecter les décisions en cours. Elle invite également les anciens dirigeants à faire preuve de responsabilité afin d’éviter une escalade préjudiciable à l’image de l’Union.
À l’opposé, la liste « Ensemble pour une Union forte, solidaire et responsable » adopte une posture résolument mobilisatrice. Dans une déclaration rendue publique le même jour, elle se félicite de la tenue annoncée du congrèsy voyant une opportunité de relancer les activités de l’organisation après plusieurs mois de blocage. Pour cette liste, le rendez-vous du 25 mars constitue une étape cruciale pour l’avenir de l’UNJCI. Elle appelle donc l’ensemble des journalistes les membres à se mobiliser massivement afin de participer à ce qu’elle qualifie de moment « historique ».
Insistant sur l’importance de la participation de tous, elle souligne que chaque voix sera déterminante pour bâtir une Union plus forte, fondée sur les valeurs de solidarité, de responsabilité et de respect des textes. Elle invite ainsi les électeurs à se rendre au congrès dans un esprit de fraternité et d’engagement collectif.
Ce double discours illustre la crise profonde qui secoue actuellement l’UNJCIentre contestations juridiques et volonté d’avancer coûte que coûte vers le renouvellement des instances dirigeantes. À la veille d’échéances judiciaires importantes, l’issue de ce bras de fer reste incertaine, tandis que la communauté des journalistes ivoiriens se retrouve face à un choix déterminant pour l’avenir de leur organisation.
Wassimagnon
