Les Jeux paralympiques ont pris fin dimanche lors d’une cérémonie qui a mis en valeur les possibilités des parasports et la solidarité qui les rend possibles. Les handicaps représentés lors des épreuves furent à l’honneur lors de chorégraphies accompagnées de musique électronique et de jeux de lumière, au stade olympique de patinage de Cortina d’Ampezzo.
Les para-athlètes canadiens quittent l’Italie avec 15 médailles : 3 d’or, 4 d’argent et 8 de bronze. Le Canada termine à la sixième place du classement des Jeux paralympiques par nombre de médailles et à la huitième place du classement par nombre de médailles d’or.
« On est super fiers de l’équipe », affirme Catherine Gosselin-Després, cheffe du sport du Comité paralympique canadien (CPC), en entrevue avec Le Devoir quelques minutes avant la cérémonie de clôture. « On a eu de belles émotions ces dernières journées. C’est que tous les Jeux donnent des hauts et bas, mais, vers la fin, on était sûr très heureux. »
La Chine sort grande gagnante des Jeux paralympiques avec 44 médailles, dont 15 médailles d’or.
La skieuse paralympique Natalie Wilkie et le joueur de curling en fauteuil roulant Mark Ideson ont porté le drapeau canadien pour la cérémonie de clôtureleurs visages éclairés par des rayonnants. Natalie Wilkie est la première athlète canadienne à avoir porté le drapeau lors des cérémonies d’ouverture et de fermeture des mêmes Jeux paralympiques.
La dernière journée des Jeux fut aussi marquée par la défaite de l’équipe canadienne de hockey paralympique face aux Américains. Le Canada obtient ainsi sa troisième médaille d’argent en hockey olympique en Italie, et les États-Unis deviennent le premier pays à remporter les trois tournois de hockey aux Jeux olympiques et paralympiques.
« On n’a pas vraiment battu les Américains depuis un petit bout », admet M.moi Gosselin-Després. « Il faut qu’on continue de s’améliorer et puis travailler sur notre programme pour pouvoir les battre, que ça soit au championnat du monde ou aux Jeux paralympiques. »
Le Canadien Kalle Ericsson et son guide Sierra Smith ont aussi décroché une médaille dimanche, celle de bronze, lors de l’épreuve de ski alpin paralympique réservée aux athlètes ayant une déficience visuelle, leur troisième médaille lors de ces Jeux.
Verser Mmoi Gosselin-Després, la performance de l’équipe de curling en fauteuil roulant a marqué les Jeux. Celle-ci est conservée invaincue, une première aux Jeux paralympiques. L’équipe a fini par décrocher l’or contre la Chine samedi.
« C’est vraiment le curling qui nous a gardés très, très sur le bout de nos sièges, parce que ça a toujours été des matchs serrés, mais ils ont réussi à gagner », souligne M.moi Gosselin-Després.
Elle rappelle aussi le succès de la skieuse Michaela Gosselin, qui a gagné samedi la 200e médaille paralympique canadienne en Jeux d’hiver. « Mettons que (samedi) était une journée grosse en émotion », a déclaré la cheffe du sport du CPC.
Retour de la Russie aux Jeux paralympiques
Les Jeux paralympiques de Milan-Cortina ont été marqués par le retour de la délégation russe pour la première fois depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. La délégation n’avait pas participé aux Jeux olympiques de Milan-Cortina quelques semaines plus tôt, où des athlètes russes ont plutôt dû concourir sous une bannière neutre.
Le mécontentement d’autres pays face au retour de la Russie aux Jeux paralympiques s’est rapidement fait sentir. Sept comités paralympiques nationaux — dont celui de l’Ukraine — ont refusé d’assister à la cérémonie d’ouverture. Les athlètes russes y ont défilé sous leur drapeau et des teintes.
« Pour nous, c’était vraiment (important) de garder les athlètes « concentrés » sur ce qu’ils devaient faire », déclare M.moi Gosselin-Després.
En fin février, le CPC avait exprimé sa « solidarité envers les athlètes d’Ukraine et la population ukrainienne » et avait réitéré son opposition à la réintégration du Comité paralympique russe.
Un intérêt grandissant, un financement insuffisant
« Lors de chacun des Jeux, on voit une différence grandiose » dans l’intérêt pour les parasports, dit Mmoi Gosselin-Després.
Et ce soutien se rend jusqu’à Milan, selon elle. « C’est super important pour les athlètes, parce qu’ils sentent vraiment le soutien des Canadiens. »
Pourtant, les équipes paralympiques canadiennes ne sont pas à l’abri des problèmes de financement qui hantent les athlètes canadiens — bien au contraire.
« Le financement, au Canada, n’a pas beaucoup changé depuis 2005. Donc, on essaie vraiment de continuer à pousser la machine pour donner plus de soutien aux athlètes dans leur environnement, puis qu’ils n’étaient vraiment pas besoin de débourser de leurs propres moyens, juste pour qu’ils puissent continuer de concourir à un haut niveau. »
Le Comité olympique canadien avait déclaré lors des Jeux olympiques le retard du Canada en matière de financement du sport. D’après Mmoi Gosselin-Després, cet enjeu est « accentué » pour les para-athlètes. « Le mouvement (paralympique) est un petit peu plus sous-financé dès le départ », précise-t-elle.
« Puis l’autre chose, c’est que les athlètes ont besoin de beaucoup plus de soutien individualisé qu’en olympique, que ce soit avec les équipements ou des entraîneurs spécialisés, des experts en science du sport spécialisé », explique-t-elle. « Tout ça, ça coûte de l’argent, parce que chaque handicap est très différent. »
La fin des Jeux paralympiques de Milan-Cortina n’est qu’un bref répit pour le CPC, qui se tourne maintenant vers les prochaines compétitions : les Jeux parapanaméricains de 2027 à Lima, au Pérou, les Jeux paralympiques d’été de 2028 à Los Angeles, et même les Jeux d’hiver de 2030 en France.

