
Le Franc et La Petite vendeuse de soleil sont les deux derniers films réalisés par le cinéaste sénégalais Djibril Diop Mambéty en 1995 et 1998. Avec ces deux contes modernes, il donne une voix et un visage aux laissés-pour-compte de la société sénégalaise. Porté par la voix de Fanta Sylla, réalisatrice et critique de cinéma, cet épisode mêle archives radiophoniques, extraits des films et entretiens inédits avec Catherine Ruelle, ancienne journaliste cinéma pour RFI, Djiby Kebe, réalisateur et membre du collectif Air AfriqueWasis Diop, musicien, compositeur des films de son frère Djibril Diop Mambéty et Alain Gomis, réalisateur. Ensemble, ils retracent l’histoire de ces deux films poétiques et politiques qui pointent les inégalités économiques dans la société sénégalaise post-coloniale.
Après deux courts-métrages remarqués, Djibril Diop Mambéty réalisé en 1973 Touki Boukidans lequel on suit les errances d’un jeune couple, Anta et Mory, brûlant de désir et de liberté, rêvant de rejoindre la France, perçue comme l’horizon de tous les possibles. Avec ce premier long-métrage, il décide de « partir de l’intérieur », c’est-à-dire de rester ancré dans la société sénégalaise, au moment même où ses contemporains, la jeunesse de son pays, quitte le continent pour l’Europe. Mais le film est mal reçu à sa sortie, surtout auprès du public sénégalais.
C’était douloureux pour lui parce qu’il s’était investi complètement dans ce film. Et le fait que ses compatriotes rejettent le film aussi violemment, ça lui a fait perdre pas mal de confiance et rentrer dans une dépression très lourde. – Catherine Ruelleproductrice et ancienne journaliste cinéma de RFI.
En 1992, près de 20 ans après Touki Bouki, Djibril Diop Mambéty réaliser son deuxième long-métrage Hyènes. Ce film ravive en lui le plaisir de faire du cinéma et le désir de raconter des histoires. Il entame ensuite une trilogie consacrée aux « petites gens de Dakar ».
Le premier volet, Le Francsorti en 1995. Avec pour héros Marigo, un musicien qui ressemble physiquement étonnamment au réalisateur. Avec ce film, Djibril Diop Mambéty signe une fable sur la cupidité, et en même temps une critique subtile du Franc CFA, vestige monétaire de l’époque coloniale.
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Épisode 4 : « Sambizanga : cinéma de résistance, mémoire de l’Angola »
Épisode 5 : « Désiré Ecaré, politiser l’exil et le désir »
Épisode 6 : « Djibril Diop Mambéty, le cinéaste des petites gens »
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Ce film met en scène le mal-être des Dakarois, des Sénégalais et le rapport qu’ils peuvent entretenir avec l’argent. (…) C’est une très belle fresque de Dakar. Ce film permet de montrer ce qu’est vraiment la ville et à quel point les gens là-bas souffraient, en tout cas souffraient à l’époque. – Djiby Kébéréalisateur et membre du collectif Air Afrique.
Djibril Diop Mambéty décède en juillet 1998, à l’âge de 53 ans, quelques jours seulement avant la fin du tournage de La petite vendeuse de soleille deuxième volet de sa trilogie. Sa productrice Silvia Voser et son frère le musicien Wassis Diopcompositeur de la musique de ses films, termine le film, respectant ainsi ses dernières volontés.
Le film raconte l’histoire de Sili, une fillette de 13 ans, atteinte d’un handicap, qui se met à vendre à la criée « Le Soleil », le grand quotidien francophone sénégalais. Elle se lance dans ce travail pour venir en aide à sa grand-mère, qui a perdu la vue. C’est à la fois un hommage à la résilience et un témoignage vibrant à la mémoire des enfants des rues.
La vie de Djibril était axée sur la recherche, le regard, l’observation, la poésie tout simplement, sur la dynamique de la vie des gens de la rue, puisqu’il a toujours pensé que l’énergie était là, pas ailleurs. Cet univers à cerné son existence, c’est le socle de sa cinématographie. – Wassis Diopmusicien et compositeur des films de Djibril Diop Mambéty.
Films :
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Le Francen VOD sur LaCinéteksur IFCinéma et en coffret DVD Blu-ray aux éditions RJH
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La Petite vendeuse de soleil sur IFCinéma et en coffret DVD Blu-ray aux éditions RJH
Archives RFI et INA utilisées dans l’épisode :
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Mille SoleilsRFI, Djibril Diop Mambéty pour le film “Touki-Bouki”, 1977, produit par Jacqueline Sorel et Alphonse-Marie Toukas,
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Grand ÉcranRFI, Les interrogations métaphysiques avec Djibril Diop Mambéty, Costa-Gavras et Stephen Frears, 1993, produit par Catherine Ruelle,
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Grand ÉcranRFI, Bilan Fespaco, 1995, produit par Catherine Ruelle et Catherine Ninin,
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Nuits MagnétiquesFrance Culture, Ouagadougou fait son cinéma : petit journal du Fespaco, 1995, produit par Caroline Bourgine et Colette Fellous,
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Actualités du cinémaRFI, Wasis Diop pour “La petite vendeuse de soleil” de Djibril Diop Mambéty, 1999, produit par Catherine Ruelle,
Ouvrages, articles, expositions :
Émissions de radio :
Remerciements :
Mati Diop, Wasis Diop, Teemour Diop Mambéty, Sylvia Voser, Catherine Ruelle, Alain Gomis, Djiby Kebe et Fanta Sylla
Pour la Cinémathèque Afrique de l’Institut français : Cassiopée N’Sondé, Aïssa Diaby, Sarah Moustakim et Marion Thévenot.
Pour RFI : Steven Jambot, Simon Decreuze, Antoine Bonnet, Ludovic Dunod, Eugénie Ducret et Elisabeth Lequeret.
Cinéastes d’Afrique est une série écrite par Maxime Grember, réalisation par Simon Decreuze et produite par la cellule podcast de RFI en partenariat avec la Cinémathèque Afrique de l’Institut français.

