International. C’était l’un des espoirs du XIII français et c’est pourtant sur les bancs internationaux de football que Youssouf Samirdine s’épanouit aujourd’hui.
« Moi je me vois coach de l’OM ». Youssouf Samirdine, encore quatre poils au menton quand le Marseillais rejoint l’Académie des Dragons Catalans. Et quand il s’amuse, le soir, à se projeter au lointain avec ses amis Fouad Yaha ou JordanDezaria qui s’imaginent, eux, à briller en Super League ou en NRL, son esprit, lui, musarde plutôt vers le football. « J’étais plutôt bon au rugby à XIII, puisque systématiquement surclassé mais j’ai toujours vécu pour le football », prévient l’ancien de Marseille XIII celui qui fut international treiziste chez les jeunes. Repéré lors d’un tournoi des écoles, il est admis à 13 ans au pôle espoirs de Salon-de-Provence où ses qualités de centre (1,88 m pour 91 kg) séduisent très vite le club perpignanais où il se déroulera deux années. Jusqu’au jour où il confie à Thierry Dumaine, son désir de « voir autre chose ». « J’avais besoin d’oxygène. Le XIII, je n’y arriveais plus.je n’avais plus l’impression d’être à ma place ». Il pousse alors en grand les battants de Canet où Fred Baudin, « mon mentor » et Christophe Mangin le prennent sous leur chasuble et lui confient quelques interventions sur l’école de foot (des U16 aux U11). « Quand je n’avais pas de match en Angleterre, je filais vite retrouver mes petits footeux ». Il passe très jeune ses diplômes (jusqu’à l’UEFAA aujourd’hui) et déroule son service civique à 17 ans à l’ombre de St-Michel. Quatre ans à Canet, trois à St-Estève, il est alors repéré par la Fédération comorienne qui lui confie sa sélection U21 lors du Tournoi de Toulon 2022 en remplacement d’Hamada Jambay, souffrant, et deux succès rétentants contre la Colombie et le Japon. « Si nous avions battu l’Algérie lors du 3e match, nous rencontrons la France de Bernard Diomède en demi-finale. Vous vous rendez compte pour un archipel d’un million d’habitants ». Une ascension météorite pour celui qui quitte alors le « Roussillon à qui je dois tant et où je me suis construit en tant qu’homme ».
À26 ans aujourd’hui, élu plusieurs fois meilleur éducateur de la Ligue Méditerranée, le responsable technique du Burel FC, l’un des meilleurs clubs formateurs amateurs de France, qui a sorti tant de joueurs professionnels(les frères Lopez, Kebbal du Paris FC,Mendy de Nice ouMagnetti de Brest), à la responsabilité des espoirs U17 et U20 des « Cœlacanthes » (du nom d’un poisson de la région), dont la sélection A dimanche ouvre la Coupe d’Afrique des Nations face au pays hôte, le Maroc. « J’ai huit jeunes joueurs que j’avais en équipe nationale A’, U20 et U17, qui disputeront la compétition et qui était avec moi la semaine passée au Qatar pour la Coupe Arabe», explique celui qui dès l’âge de 13 ans escaladait le grillage de la Commanderie, le centre d’entraînement de l’OM, pour s’imprégner des séances de Deschamps, Anigo, Baup ou Bielsa… Même s’il n’a pas de rôle précis au sein du staff, il sera au soutien de l’équipe et de ses protégés pendant toute la compétition pour le compte de la Fédération. Et ses rêves de gamin n’ont pas pris une ride. Même s’ils ont légèrement varié. « Pourquoi pas coacher les Comores lors d’une Coupe du monde même si ce n’est pas encore mon projet », sourit-il sous le soleil de Rabat Après tout le Cap Vert ou Curaçao participera bien à la messe américaine cet été.

