La VAR, l’assistance vidéo à l’arbitrage, est utilisée en championnat de Ligue 1 depuis 2018. Qui est derrière cette technologie d’aide à l’arbitrage et comment fonctionne-t-elle ? ICI a pu se rendre dans le centre de visionnage de la VAR à Paris.
Hors-jeu ou pas hors-jeu ? La tension est palpable sur le terrain et en tribune, à chaque fois qu’il faut attendre la décision de la VAR, l’assistance à l’arbitrage vidéo. C’est dans un centre de visionnage, dont l’adresse est tenue secrète à Paris, que les assistants vidéo communiquent, par l’intermédiaire d’une oreillette, avec l’arbitre terrain. “Tout le monde nous attend sur le terrain : les joueurs, les spectateurs, les entraîneurs. L’objectif est de prendre le minimum de temps, mais toujours en priorisant la bonne décision”reprend Marc Bollengier, arbitre central de Ligue 1.
La technologie VAR a été mise en place pour tous les matchs du championnat de Ligue 1 dès septembre 2018. La Ligue 2 devait également en être équipée pour la saison 2024-2025, mais son installation a été rapportée à plusieurs reprises.
Un outil différent de celui du rugby
“Il ne s’agit pas d’arbitrage vidéo mais bien d’un outil d’aide à la décision pour les arbitres, insiste Antony Gautier, le directeur de l’arbitrage de la Fédération française de football. Il y a souvent des comparaisons immédiates effectuées avec l’arbitrage du rugby. Mais nous sommes essentiellement sur une approche de l’outil technologique différente. Au rugby, c’est effectivement la vidéo qui va prendre une décision pour l’arbitre sur le terrain. Or pour le football, le protocole d’assistance vidéo à l’arbitrage est très clair : c’est à l’arbitre sur le terrain de prendre une décision et il appartient ensuite à l’arbitre vidéo de vérifier si cette décision est clairement erronée.
Situation factuelle ou interprétation
Pour chaque rencontre, partout en France, une équipe de trois personnes travaille derrière les écrans : un arbitre assistant vidéo (le VAR), son assistant (l’AVAR) et un opérateur de relecture pour les images. La VAR intervient en cas d’erreur manifeste de l’arbitre sur le terrain, dans quatre types de situation : après un but marqué (validé ou non), un penalty (sifflé ou non), un carton rouge direct ou une erreur d’identité du joueur sanctionné disciplinairement.
Si l’arbitre assistant vidéo décide qu’une erreur manifeste a été commise, il en informe l’arbitre principal. “Si c’est de façon factuelle, un ballon sorti ou pas sorti, hors-jeu ou pas hors-jeu, dans ou à l’extérieur de la surface de réparation, il y aura une modification de la décision, car c’est binaire, c’est du factuel”explique Romain Delpech, instructeur manager de l’assistance vidéo.
“À partir du moment où c’est de l’ordre de l’interprétation, par exemple une principale sanctionnable qui n’a pas été décelée par l’arbitre terrain, l’arbitre terrain sera invité par le VAR à reconsidérer sa décision”ajoute-t-il. Dans ce cas, il a trois options : annuler immédiatement la décision sur la base des conseils de la VAR, s’en tenir à sa décision initiale ou revoir lui-même l’incident sur un moniteur situé sur le bord du terrain. Quatre erreurs majeures sur cinq sont corrigées par l’arbitrage vidéo, assure la Fédération française de football.
