« Je ne pensais pas une seule seconde que la CAF pourrait aller aussi loin dans le croquignolesque. » Claude Le Roycomme l’ensemble des amateurs de foot africain, n’était donc pas au bout de ses surprises. La CAN 2025remportée le dimanche 18 janvier par le Sénégal face au Maroc, au terme d’une fin de match chaotique (1-0, ap), a finalement été attribuer au pays hôte sur tapis vert.
« Cette décision va, hélas, faire rire toute la planète football ! », s’est lamenté mardi soir au micro de La Chaîne L’Equipe l’ancien entraîneur français, qui prédit : « On est qu’au début d’une nouvelle aventure. »
Présent à Rabat pour la finale de la compétitionClaude Le Roy, alors au bord de la pelouse en sa qualité de consultant pour Canal + Afrique, avait conseillé à Sadio Mané et ses coéquipiers de regagner le terrain, alors que les Sénégalais étaient sortis pour manifestant contre la décision de l’arbitre d’accorder une pénalité au Maroc.
« L’arbitre s’était retrouvé tout seul sur le terrain, sans un responsable. J’avais discuté avec lui, il était perdu ! », se souvient le consultant.
Deux mois après avoir renversé le Maroc en prolongations, grâce à un but de Pape Gueye, le Sénégal se voit finalement retirer son titre au profit des Marocains. Une décision prise par la CAFsur la base des articles 82 et 84 de son règlement.
« Infantino voulait donner la CAN au Maroc depuis le début »
Claude Le Roy charge également Gianni Infantino, président de la Fifa depuis 2016, et responsable selon lui du chaos dans le football africain.
« Infantino joue sur la cupidité des dirigeants africains pour obtenir des voix et se faire réélire à la Fifa », estime l’ancien entraîneur. « Sur une affaire à des irresponsables ! Quand on voit comment la CAF est dirigée… Monsieur Motsepe (président de la CAF) est le vassal de Gianni Infantino, qui voulait depuis le début donner la CAN au Maroc », s’insurge-t-il.
Le feuilleton de la CAN 2025 n’est pas encore réfémé, puisque le Sénégal dispose de dix jours pour déposer un recours au tribunal arbitral du sport (TAS). « Ça abîme l’image du football africain, pour lequel on se bat depuis des années », conclut Claude Le Roy.

