Par
serge.velain
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L’Eveil : Il n’est pas courant et pas facile, quand on est sportif de haut niveau, de faire de longues études. Pourriez-vous nous expliquer votre parcours scolaire dans un premier temps ?
Clara Mateo : « J’ai obtenu mon bac S (scientifique) alors que j’étais au Pôle espoirs de Rennes. J’ai fait ensuite un IUT Sciences et génie des matériaux, dans la région nantaise la première année puis à Evry la seconde car déjà, je jouais au football à Juvisy
. Puis j’ai fait l’école d’ingénieurs Polytech à Paris Saclay, spécialité matériaux, pendant trois ans. J’en suis sortie ingénieure, avec Bac + 5. »
Et vous êtes entrée chez Arkema…
« Tout à fait. J’ai obtenu mon diplôme en 2020 et je suis entrée chez Arkema en mars 2021. J’y avais déjà effectué un stage, en quatrième année post-bac, en partie en région parisienne et en partie au Cerdato, à Serquigny, en Normandie. J’avais fait un mois et demi de scène à Paris et un mois et demi en Normandie. J’avais beaucoup aimé et tout s’était bien passé. »
Que faites-vous précisément, chez Arkema ?
« Je suis business développeur. Je suis rattachée au siège à Colombes car cela est plus pratique pour moi, pour m’entraîner avec mon club mais je suis en contact avec mes collègues du Cerdato en Normandie et viens parfois sur place. Je suis beaucoup en télétravail. »
- L’essentiel
Arkema très investi dans le pied féminin Acteur majeur des « matériaux de spécialités » (1) Arkema emploie directement ou via ses filiales (MLPC International, Coatex et Bostik) près de 7 300 personnes en France, ce qui représente 36 % de l’effectif mondial du groupe. Arkema France dispose de 26 sites de production et de 7 centres de recherche et de développement (CERDATO) répartis sur le territoire. Il y a près de Bernay, à Serquigny, un site de production et un Cerdato. Investi dans plusieurs sports, Arkema l’est particulièrement dans le football féminin, puisque le championnat de France de première division – la D1 Arkema – porte son nom. Le statut des joueuses de cette D1 Arkema est très différent d’un club à un autre et de grosses différences de statut et de rémunération existant aussi entre joueuses au sein d’un même club. Une joueuse de D1 Arkema touche en moyenne environ 2500 euros brut par mois – on est bien loin des 110 000 euros bruts de moyenne en Ligue 1 masculine – mais cette moyenne ne signifie pas grand-chose, certaines joueuses des deux « ogres » du championnat que sont le Paris SG et l’Olympique lyonnais percevant « des sont à six chiffres » (2). Il reste que pour la plupart des joueuses de haut niveau, faire des études et avoir des diplômes est indispensable, en cours de carrière mais aussi pour la reconversion post-carrière. (1) Pour concevoir les matériaux de demain et développer des applications concrètes, Arkema collabore avec différents partenaires technologiques et industriels. Cette synergie de compétences se concentre sur cinq plateformes de recherche en phase avec les grands défis du monde contemporain : énergies nouvelles ; gestion des ressources naturelles ; solutions pour l’électronique, l’allégement et la conception des matériaux ; performance et isolation de l’habitat. (2) Source : Site Internet Caviar 1er novembre 2021
Comment arrivez-vous à concilier votre travail chez Arkema, vos séances d’entraînement et matchs en club, vos matchs en équipe de France… devez-vous faire parfois des choix ?

(© Vincent Colin Arkema)
Vous considérez-vous aujourd’hui comme une ingénieure qui joue au foot ou une footballeuse professionnelle qui a aussi un autre travail ?
« Les deux sont indissociables et complémentaires. Nous partageons les mêmes valeurs, que ce soit au club au sein duquel j’évolue ou chez mon employeur. À Paris FC comme chez Arkema le partage, l’entraide et la recherche de la performance sont essentiels. Personnellement pour être performante sur le terrain, j’ai besoin de faire autre chose que du football. J’ai la chance d’évoluer au sein d’un club qui prône le double projet, sportif et professionnel. J’ai la chance aussi de travailler chez Arkema, qui me laisse jouer et m’entraîner. J’ajouterai que jouer au foot mais faire autre chose à côté sont nécessaires à mon équilibre. Par exemple, les jours de défaite, je rebondis mieux parce que j’ai un travail à côté. Ce dernier me permet de vite rebondir »
Clara en équipe de France
Née à Nantes (Loire-Atlantique) le 28 novembre 1997, Clara Mateo joue au poste d’attaquant. Elle a joué en catégories jeunes l’US Sainte-Luce-sur-Loire, qu’elle a quitté pour évoluer à l’Étoile sportive ornaysienne de football Vendée La Roche-sur-Yon, en deuxième division. Clara a quitté La Roche-sur-Yon pour le FCF Juvisy (devenu Paris FC en 2017) en juin 2016. Elle évolue toujours au Paris FC.
Clara compte un grand nombre de sélections en équipe de France catégories jeunes (2 sélections en moins de 16 ans, 8 en moins de 17, 22 en moins de 19 et 8 en moins de 20 ans). Elle a été sacrée championne d’Europe U 19 en 2016.
Clara, sélectionnée pour la première fois en équipe de France féminine senior le 27 novembre 2020 (match contre l’Autriche, victoire 3-0), compte actuellement six sélections et un but en équipe nationale.
Les garçons, eux, n’ont pas à travailler sont pour certains très chers payés pour jouer au foot. Les enviez-vous ?

Clara Matéo compte six sélections en équipe de France A
D’un point de vue sportif votre club est troisième en Division 1, derrière Lyon et le PSG et vous venez d’honorer une sixième sélection en équipe de France. Tout va donc pour le mieux. Quels sont néanmoins vos objectifs ?
« Avec Paris on fait un bon début de saison. Notre troisième place actuelle est méritée, je pense. Paris et Lyon sont un cran au-dessus, on ne peut pas rivaliser. Disons qu’on va tenter de se rapprocher le plus possible de ce duo de tête. Concernant l’équipe de France, j’ai l’Euro 2022 dans un coin de la tête mais je reste concentré sur mon club, le Paris FC. De toute façon, pour être sélectionné en équipe de France, il faut être performant en club. J’aime cette idée qu’il faut être performant partout. »
Propos recueillis par Serge Velain
Le Football-club féminin Juvisy Essonne a été « absorbé » en 2017 par le Paris FCPersonnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favoris avec
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