Président de la fédération de football du Cameroun depuis décembre 2021, Samuel Eto’o, idole de tout un pays, était en conflit ouvert avec le ministère des Sports jusqu’à la dernière CAN.
Le football africain se souviendra à jamais de cette altercation ahurissante entre Samuel Eto’o, président de la fédération de football du Cameroun, et Marc Brys, sélectionneur des Lions Indomptables imposés par le ministère des Sports du pays en avril 2024, sur décision du président camerounais Paul Biya.
« Vous ne me parlez pas comme ça ! En tant que footballeur, vous ne pouvez jamais me parler. Maintenant je suis président, vous ne me parlez pas comme ça ! Arrêtez ce bordel ! Il est temps d’arrêter ce bordel. Ce n’est pas possible. Vous pensez que vous êtes dans quel pays, monsieur ? Vous pensez que je peux faire ça en Belgique ? Comme vous pouvez faire ça au Cameroun ? »avait crié la légende du football africain au technicien natif d’Anvers, dans une séquence qui avait retourné les réseaux sociaux.
Depuis, Samuel Eto’o a enfin pris le pouvoir total à la tête du football camerounais. A l’approche de la dernière Coupe d’Afrique des nations 2025 au Maroc, l’ancien buteur du
Barça et de l’Inter a eu la tête de Marc Brys pour nommer l’entraîneur local David Pagou, même si le Belge a continué à être payé par le ministère des Sports et a même reçu la prime de la CAN à la place de Pagou !
Eto’oobtention gain de cause
Le coup de sifflet final de l’imbroglio à retenir : Eto’o, président de la Fecafoot depuis décembre 2021, a en effet annoncé que les salaires des sélectionneurs étaient désormais pris en charge par la fédé.
« Après 26 ans de carrière, j’ai vu comment les autres faisaient. Je me suis dit ce n’est pas possible. Nous ne pouvons pas continuer comme ça. Avec ce modèle économique où nous allons tout le temps vers l’Etat demander à l’Etat de payer toutes les dépenses des équipes nationales. Ça veut dire que je n’ai pas réussi à changer quelque chose. Mais pour ça il nous fallait du temps pour changer. Nous avons commencé à changer. Nous prenons par exemple les salaires de tous les sélectionneurs. C’est nous qui les payons aujourd’hui. Pas parce que nous nous opposons à l’État, parce que nous sommes camerounais et nous croyons à l’État. Mais c’est aussi une façon pour nous de dire à l’Etat : vous avez suffisamment fait, permettez-nous de vous montrer que nous avons grandi parce que vous nous avez accompagné pendant un moment de nos vies. Nous avons réussi dans un autre domaine et nous allons essayer de nous prendre en charge. Vous avez vu tous les problèmes que votre façon de voir les choses a engendrés, mais nous avons tenu bon. Pour certains, ils se disaient : mais ils s’opposent à l’Etat. Mais l’Etat, c’est qui ? L’Etat, c’est vous, c’est moi, c’est ceux qui ont la confiance du Chef de l’Etat pour gérer ses missions. Parce que ça, il faut bien le comprendre. C’est un honneur pour tous ces ministres d’être choisis par le chef pour gérer ces missions. Parce que le seul élu là, c’est le chef »a expliqué le quadruple Ballon d’Or africain à Digital B Agency.
