Quatre femmes et deux hommes sont à ce jour candidats pour remplacer Antonio Guterres comme secrétaire général de l’ONU, un poste sensible dans un monde ravagé par les conflits, où les grandes puissances qui ont en main l’avenir de ces candidats sont également divisées.
Selon les observateurs, il est difficile à ce stade de désigner un favori, même si certains noms sont plus souvent cités, comme celui de Rafael Grossi.
Même si un candidat obtient le soutien requis de neuf membres du Conseil de sécurité – qui choisit le futur chef de l’ONU Avant que son nom ne soit approuvé par l’Assemblée générale –, il doit également éviter un veto d’un des cinq membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni).
Voici quelques éléments sur les candidats, par ordre alphabétique.
Michelle Bachelet
L’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet (Photo d’archives)
Photo : Getty Images / AFP / CRISTOBAL BASAURE
Âgée de 74 ans, la socialiste, torturée pour son opposition au régime d’Augusto Pinochet, a été la première femme présidente du Chili (de 2006 à 2010, puis de 2014 à 2018), devenant une personnalité politique internationale de premier plan.
Son passage à la tête du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme lui a suscité certains ressentiments. La Chine a ainsi réfléchi à un rapport accablant sur le sort de la minorité des Ouïghours.
La Chilienne fait également l’objet de critiques américaines concernant sa position en faveur du droit à l’avortement.
Elle plaide pour un secrétaire général qui soit la voix de la morale
même sous la pression des grandes puissances. Elle a également espéré que le monde soit enfin prêt
pour une femme à ce poste.
Sa candidature est portée par le Mexique et le Brésil. Le Chili lui a retiré son soutien après la prise de fonction du président d’extrême droite José Antonio Kast.
Maria Fernanda Espinosa

L’ancienne ministre des Affaires étrangères et de la Défense de l’Équateur Maria Fernanda Espinosa (Photo d’archives)
Photo : EPA / AFP / ANGELA WEISS
L’ancienne ministre des Affaires étrangères et de la Défense de l’Équateur, 61 ans, défend les Nations unies, plateforme unique universelle à s’occuper des défis communs de l’humanité
même si elle appelle à aller plus loin dans sa réforme.
L’ancienne présidente de l’Assemblée générale de l’ONU suggère également la création d’un mécanisme d’alerte précoce
pour collecter les signaux du terrain et empêcher un conflit avant qu’il ne se déclenche.
Elle n’est pas soutenue par son pays, sa candidature étant portée par Antigua-et-Barbuda.
Rafael Grossi

Le directeur général de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi (Photo d’archives)
Photo : Getty Images / AFP / RODRIGO REYES MARIN
Diplomate de carrière, l’Argentin de 65 ans, nommé par son pays, est entré sous les projecteurs en prenant la tête de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) en 2019.
Ce poste l’a mené à s’occuper du programme nucléaire iranien et du dossier de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia occupée par la Russie. Deux dossiers brûlants qui concernent les membres permanents du Conseil de sécurité.
Il ne s’est pas mis en retrait de ce poste pour la campagne, estimant que ce serait manquer à son devoir
.
Selon certains observateurs, il a présenté une position plus radicale concernant la réforme de l’ONU et le rôle du secrétaire général, qui doit vraiment
être présent sur le terrain.
Rebecca Grynspan

L’ancienne vice-présidente du Costa Rica Rebeca Grynspan (Photo d’archives)
Photo : Getty Images / AFP / STÉPHANE DE SAKUTIN
L’ancienne vice-présidente du Costa Rica, âgée de 70 ans et soutenue par son pays, est la patronne de l’agence de l’ONU pour le commerce et le développement (CNUCED), dont elle s’est mise en retrait pour la campagne.
À ce titre, elle a négocié en 2022, avec Moscou et Kiev, l’initiative de la mer Noire
pour faciliter l’exportation des céréales ukrainiennes après l’invasion russe.
Forte de son histoire personnelle, avec des parents juifs ayant à peine survécue
à l’Holocauste avant d’immigrer au Costa Rica, elle déplore que l’ONU soit devenu une organisation conservatrice en matière de risque
en n’essayant pas assez de peser sur les conflits.
Carolyn Rodrigues-Birkett

L’ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana Carolyn Rodrigues-Birkett (Photo d’archives)
Photo : Getty Images / AFP / MANDEL NGAN
L’ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana, proposée par son pays, dont elle est l’ambassadrice à l’ONUest, à 52 ans, la plus jeune des six prétendants.
Elle plaide pour restaurer la crédibilité
en berne de l’ONUsouligne que l’organisation ne doit pas être jugée sous le seul prisme de la paix et de la sécurité
mais aussi sur ses actions en matière de développement et de défense des droits de la personne.
Macky Sall

L’ancien président sénégalais Macky Sall (Photo d’archives)
Photo : Getty Images / AFP / CHARLY TRIBALLEAU
L’ancien président sénégalais, 64 ans, est le seul candidat n’étant pas issu d’Amérique latine, continent qui revendique le poste en vertu d’une tradition de rotation géographique.
Il a souligné le lien intéressant entre la paix et le développement.
Présentée par le Burundi, sa candidature a finalement reçu cette semaine le soutien de Dakar.
Les autorités sénégalaises l’accusaient pourtant d’avoir réprimé dans le sang les violentes manifestations politiques ayant fait des dizaines de morts entre 2021 et 2024.

