La gestion du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) par son président, Tidjane Thiam, n’est pas du goût de nombre de militants et sympathisants. Qui n’hésite plus à critiquer les actions et comportements du premier responsable du vieux parti. Dans cette vague de plaintes, des voix et non des moindres s’élèvent pour rappeler Tidjane Thiam à l’ordre. Ainsi, le vice-président du parti octogénaire, Jean-Marc Yacé, par ailleurs député-maire de Cocody, est récemment monté au créneau pour décrier la gestion du parti. Selon lui, plus rien ne va au sein de sa formation politique. “Je sers le PDCI et son président. Si ça ne va pas, je lui dirai que ça ne va pas. Je l’ai dit au président Bédié. Je le dirai toujours”, at-il asséné. En d’autres termes, le député de Cocody n’entend pas rester de marbre face aux dérives qui entravent le bon fonctionnement de son parti. A l’en croire, le PDCI est aujourd’hui ruiné par de nouveaux militants abonnés aux injures et à la violence verbale, des valeurs aux antipodes de l’idéal du fondateur du parti doyen, Félix Houphouët-Boigny. “Le problème chez nous au PDCI-RDA, aujourd’hui, c’est que ce sont des gens qui ne sont même pas des militants, ou qui viennent d’arriver hier et c’est dans notre parti seulement où je vois ça. Ils prennent les réseaux sociaux et insultent des élus, insultent des militants. Je suis vice-président, le dernier du PDCI-RDA, nommé par le président Henri Konan Bédié. Moi, Jean-Marc Yacé, vous me trouverez toujours en place quand il s’agira du combat du PDCI-RDA», at-il déclaré.
Un parti malade de sa direction
Tout en signifiant que la bataille de la reconquête du pouvoir d’Etat ne doit pas se mener à l’intérieur du parti à travers des accusations dirigées contre les élus et cadres qui militent pour une direction responsable, des décisions et actions efficaces. Quient réclament un parti fort et efficace sur le front électoral. “Quand des élus discutent entre eux et qu’on voit que ce qui a été discuté entre eux sur la place publique, ils demandent s’il ya un problème. Donc, on ne peut plus avoir confiance dans notre parti ? Et on dit que c’est un problème. Non, ce n’est pas un problème. C’est un problème de militantisme. Un militant mal formé est un danger pour le parti. C’est tout”, at-il affirmé avec force, avant d’annoncer qu’il sera toujours là pour dénoncer les tares afin de permettre à son parti d’aller de l’avant. “J’ai le droit, dans mon parti, de dire ce qui ne va pas. Nous serons là pour que le PDCI-RDA aille de l’avant”, at-il déclaré.
Pour rappel, après son revers aux élections législatives où le PDCI a vu son nombre de députés divisés par deux, le parti est confronté à de nouveaux remous internes. En effet, alors que l’Assemblée nationale a mis en place son bureau et ses groupes parlementaires, trois députés-maires PDCI, Jacques Ehouo (commune du Plateau), Sylvestre Emmou (commune de Port-Bouët) et Jean-Marc Yacé (commune de Cocody), ont décidé de ne pas intégrer le groupe parlementaire de leur parti.
Face à ces divisions internes, des discussions ont été engagées et se poursuivent en vue de ramener la cohésion. On le voit, le PDCI est en crise. Le vieux parti est malade de sa direction et des cadres importants, notamment des vice-présidents ont décidé de donner de la voix pour remettre leur parti sur les rails de la modernité et de l’efficacité.
Lacina Ouattara

