Dans cet ouvrage, la linguiste et grammairienne Anne Abeillé torpille un malentendu tenace : celui qui s’opposerait à la sauvegarde d’une langue grammaticalement pure à son libération
Faut-il prendre en compte les usages de la langue contemporaine ? Oui, selon la linguiste et grammairienne Anne Abeillé”Les régularités qu’on observe dans la langue sont assez différentes des règles de la grammaire normative”.
Une insécurité linguistique:
Si certains se croient en insécurité linguistique, c’est parce qu’en France, on pense selon Anne Abeillé qu’il y a un bon et un mauvais usage de la langue. “On est en faute car on oublie de mettre “ne” dans une négation, car on accorde mal un verbe mais en fait l’usage de la langue a changé.”
Des règles de grammaire “zombies”
Anne Abeillé n’hésite pas à qualifier certaines règles grammaticales de “règles zombies” : des normes anciennes et souvent contestées, qui rejettent par exemple l’emploi de “malgré que”une tournure pourtant utilisée par des auteurs reconnus, tels qu’André Gide, Marcel Proust ou Annie Ernaux !
“La langue française ne s’appauvrit pas. les dictionnaires en ligne s’enrichissent de mots nouveaux chaque jour. On a aujourd’hui plus de 400.000 mots. Le vocabulaire croît en permanence”
Selon le linguiste, ce “bon usage” serait du français parlé à la Cour du Roi. Il y aurait eu un « français des élites », celui de Paris et un « français des peuples ».
Pour finir, Anne Abeillé alerte sur le site “Dire ou ne pas dire” mis en ligne depuis 2011-2012 par l’Académie française et sur lequel des conseils sur le “bon ou le mauvais usage” peuvent être donnés…
Invitée : Anne Abeillé, linguistique et grammairienne. Professeur à l’Université Paris-Cité. Membre du collectif des Linguistes attéré.es Elle a publié Le Français va très bien, merci chez Gallimard en 2023 et a codirigé avec une soixantaine de chercheurs La Grande Grammaire du Français (publié chez Actes Sud). Dans cette grammaire, ils ont pris en compte le français tel qu’il se parle aujourd’hui et comprennent le français parlé hors de France.
Son dernier ouvrage La grammaire se rebelle est publié aux éditions Le Robert.
Et la chronique Ailleurs nous emmène à Alexandrie, en Egypte pour parler de la journée « fêtons la diversité culturelle francophone » du jeudi 26 mars qui aura lieu à l’Université Senghor d’Alexandrie.
Avec Ribio NZEZA BUNKETI BUSE, directeur départemental Culture de l’Université Senghor .
Programmation musicale :
Le groupe québécois Bibi club avec le titre Georges Sand


