
En ce début de printemps, des auteurs de tout le monde francophone se retrouvent à Rouen, au Festival des Langues Françaises. Les textes des artistes Médéssé Prudence Romaric Gbedjanhoungbo et de Shade Hardy Garvey Mougondo sont présentés ce soir.
Deux textes très différents mais très complémentaires, présentés ce jeudi 26 mars : le premier questionne le panafricanisme et se tourne vers un avenir d’une Afrique positive le deuxième interroge les pratiques militantes autour des figures emblématiques de Malcolm X et Mohamed Ali.
“Stéréotypes” : une Afrique positive qui regarde vers l’avenir :
Ici, un vendeur de carte SIM. Là, une étudiante plongée dans sa mémoire. Plus loin, un mécanicien qui rêve d’ouvrir un garage solaire. Une mère qui élève seule ses enfants. L’auteur béninois Médéssé Prudence Romaric Gbedjanhoungboprésente son texte Stéréotypes, qui dresse le portrait de l’Afrique du quotidien, une Afrique actuelle avec des personnages du peuple. Le pays n’est pas précisé cité mais cela semble se passer au Bénin. “C’est un pays qui un passé très triste avec la traite négrière mais aujourd’hui, on travaille pour se relever et pour aller plus loin”.
L’auteur revendique la dimension politique de son texte”si les politiques tenaient compte des réalités, quelque chose de bien pourrait être fait pour l’épanouissement”. Son texte est une commande. Rédigé dans le cadre du programme “l’Afrique qui vient”, l’auteur s’emploie à montrer “le regard de l’Afrique sur l’africain, le regard de l’extérieur sur l’Afrique mais aussi le regard de l’extérieur sur l’extérieur”. “Je parle au monde entier. Chacun a sa part de responsabilité dans les stéréotypes que nous avons”. Le texte est actuellement en phase de réécriture. A travers le personnage de Vignon, il nous raconte que “le passé n’est pas à négliger, il faut prendre ce qui est du passé, comprendre ce qui n’a pas marché, et prendre de nouvelles décisions pour évoluer”.
C’est en résumé le portrait d’un continent en mouvement, source d’inspiration et d’innovation, marqué par ses paradoxes.
Mohamed X : la rencontre fictive entre deux militants
Quant à Shade Hardy Garvey Mougondo, il signe Mohamed Xun texte consacré à la relation entre deux figures majeures du XXe siècle : Malcolm X, militant des droits civiques assassiné en 1965, et Mohamed Ali, considéré comme le plus grand boxeur de tous les temps, disparu en 2016.
Ce n’est pas la première fois que l’auteur congolais s’empare de figures historiques. L’un de ses spectacles précédents était consacré à Patrice Lumumba, à l’homme et au père qu’il était. Pour ce texte, c’est la biographie écrite par Ilyasha Shabazzla troisième fille de Malcolm X, devenue orpheline de père à trois ans. “Je voulais faire un texte percutant, quelque chose qui donne des coups de poings, j’ai pensé à Mohamed Ali !’ précise l’auteur.
Si le texte raconte une rencontre fictive entre les deux protagonistes en 1962, ces deux militants se sont – dans la vraie vie- côtoyés, rapprochés, aimés puis fâchés…
D’un côté Mohamed Ali, icône du ring, de l’autre Malcolm X, voix radicale du peuple. Leur chemin se croise, entre affection, tensions et confrontation. Frères de combat, le champion de boxe et le leader militant débattent de leurs choix, de leurs renoncements et de la place de l’homme noir dans la société.
Faire entrer le public dans la fabrique du théâtre
Ronan Chéneau est le programmateur du Festival des Langues françaisesorganisé par le CDN Normandie Rouen. Il nous rappelle que ces textes ne sont “Pas des conférences figées mais déjà des gestes de dramaturgie plateau. On laisse entendre la portée dramatique théâtrale et scénique de ces textes”.
Programmation musicale :
L’artiste Prince Balker avec le titre “Je ne peux pas”

