Il y a 80 ans, le 10 janvier 1946, se teinte au Methodist Central Hall de Londres la première réunion de l’Assemblée générale des Nations unies sous la présidence du premier ministre belge Paul-Henri Spaak. Au milieu du scepticisme prédominait l’espoir fou d’avoir le moyen de «préserver les générations futures du fléau de la guerre». Que reste-t-il de l’enthousiasme du « plus jamais ça, plus jamais la guerre ? » Le multilatéralisme est en crise, et avec lui les Nations unies.
D’abord, l’ONU est mise à l’écart. La promotion de la paix ne se fait plus dans les enceintes ni selon les règles de la Charte et des résolutions. Les négociations ont lieu à Mar-a-Lago, Anchorage, Doha, au Caire ou à l’ambassade des Etats-Unis à Genève. Le cercle des pays invités est arbitraire, selon le bon vouloir de Trump, Poutine ou la coalition des pays volontaires. Le Conseil de sécurité est bloqué sciemment, permettant aux ténors et à leurs protégés de s’organiser à leur guise. Quitte à y demander l’aval, une fois les faits accomplis. Ce fut le cas le 18 novembre 2025 pour le plan de paix de Donald Trump à Gaza. Trois membres se sont prononcés pour, la Russie et la Chine se sont abstenues.
