Baie-Comeau craint de perdre des revenus annuels d’un million de dollars, si Hydro-Québec impose des hausses majeures du prix de l’électricité aux entreprises de minage de cryptomonnaie.
Ce montant représente ce que la Municipalité perçoit en vendant son électricité au coût de 4,2 cents le kWh aux entreprises Argo et Bitfarms.
Les nouveaux tarifs discutés par Hydro-Québec, de l’ordre de 19,5 cents le kWhpourrait les faire fuir, pense la Ville.
Aucune fermeture n’est encore confirmée, mais le directeur général François Corriveau prévoit déjà le pire.
Si on perd nos entreprises en raison de ces mauvaises décisions, ça ébranle énormément notre capacité financière à offrir des services à la population
déplore-t-il.
La décision finale n’est pas encore prise
Bien qu’Hydro-Québec prévoit des dispositions afin de favoriser une transition vers le nouveau tarif pour les clients actuels, l’incertitude persiste quant à savoir si les centres de minage de cryptomonnaies accepteront d’encaisser une hausse encore plus marquée que celle des centres de données.
Le dossier d’Hydro-Québec a été déposé à la Régie de l’énergie, qui doit l’approuver avant que le tarif entre en vigueur. La Régie tiendra une audience publique pour étudier cette demande.
La compagnie Bitfarms a d’ailleurs déposé une demande d’intervention à la Régie de l’énergie pour s’opposer à ce changement de tarification.

Bitfarms se trouve sur l’avenue Babin à Baie-Comeau. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix
Bitfarms entend démontrer que la proposition est contraire aux bonnes pratiques tarifaires, qu’elle constitue une pratique discriminatoire, injuste et déraisonnable destiné à éliminer un usage bien établi sur le réseau.
La Ville de Baie-Comeau a également plaidé sa cause auprès du gouvernement provincial.
Des représentations sont faites auprès de notre député caquiste, Yves Montigny, également auprès de l’Association des redistributeurs d’électricité du Québec
déclare François Corriveau.
La province a raté une occasion en or
L’entreprise Argo, établie à Baie-Comeau depuis 2021, est récemment convertie en une grande partie de sa dette en actions. Une pratique utilisée par les entreprises en difficulté pour améliorer leur santé financière, explique l’expert en cryptoactifs, Guillaume Déziel.
Grâce à cette conversion, Argo peut repartir à neuf et financer sa nouvelle phase d’expansion en Alabama.
Les tarifs ont pour mais de faire fuir les entreprises de minage. Ce n’est plus un terrain fertile, c’est pourquoi les entreprises comme Argo choisissent de développer les nouvelles phases d’expansion en Alabama.
expose-t-il.
Selon Guillaume Déziel, les États-Unis offrent un environnement beaucoup plus favorable que le Québec pour l’industrie de la cryptomonnaie, pour des raisons politiques, tarifaires et stratégiques.
Le Québec manque de vision à moyen et long terme et n’offre pas du tout cette ouverture face à l’industrie
critique-t-il. La province a raté une occasion en or.
L’expert affirme que le gouvernement et les municipalités auraient eu l’avantage de créer des partenariats public-privé pour partager les bénéfices générés par la création de la cryptomonnaie.
