Les présidents de l’OM, de l’OL, du RC Lens ou encore du Paris FC, du Stade Rennais et du Havre s’unissent dans une tribune mercredi. Le mais ? Se faire entendre auprès du gouvernement pour que la réforme de gouvernance du football professionnel passe devant l’Assemblée Nationale.
Le monde du le football professionnel français est en crise. Ce n’est pas une nouveauté. Et surtout pas une fatalité pour certains dirigeants qui publient ce mercredi une tribune dans différents médias de la presse quotidienne régionale. Avec un titre équivoque : «football professionnel, un match à ne pas perdre.»
La volonté est claire et assumée : mettre la pression sur le gouvernement Lecornu et tenter de faire en sorte que le projet de loi sur la gouvernance du football français soit inscrit au calendrier de l’Assemblée nationale. Ce qui est loin d’être le cas à ce jour.
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Ils sont sept, et non des moindres, à s’unir pour tenter de se faire entendre : Frank McCourt, patron de l’OMMichèle Kang, présidente de l’Olympique Lyonnais, Jean-Michel Roussier du Havreou encore Joseph Oughourlian (RC Lens)Pierre Ferracci (Paris FC), Bernard Serin (FC Metz) et Guillaume Cerutti (président du conseil d’administration du Stade Rennais).
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Ces derniers dressent le constat d’un football français en crise, à l’image de la démission de Nicolas de Tavernostintronisé comme le nouvel homme fort de LFP Media et sur le départ face à une situation qui semble insoluble. Les signataires évoquent «un écosystème aujourd’hui fragilisé», notamment avec le fiasco des Droits TV.
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« Cette situation résulte, entre autres, de l’effondrement des droits de diffusion audiovisuelle au cours des dernières années, avance-ils dans leur tribune. Jusqu’au début de la décennie, les droits de la Ligue 1 représentaient en moyenne environ 700 millions d’euros par an. Ils sont aujourd’hui près de trois fois moindres. (…) Les droits audiovisuels ne représentent désormais plus que 19 % des revenus totaux des clubs de Ligue 1, contre 35 % à 46 % dans les autres grandes ligues européennes. »
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Face à ce triste constat, et la crainte «d’un déclassement» sur l’échiquier européen, ces présidents de clubs -sans surprise, le PSG et son président Nasser Al-Khelaïfi ne figure pas dans la liste des signataires- en appelant aux pouvoirs publics afin «d’accélérer la réforme nécessaire et urgente de la gouvernance du football professionnel français.» Une loi portée par les sénateurs Laurent Lafon et Michel Savin et votée l’an dernier au Sénat. Elle prévoit notamment la suppression du poste de président de la LFP, la création d’une société commerciale de clubs et un poids accumulé de la fédération française de football. Dernier point qui a eu tendance à plus croustillant les clubs professionnels.
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« Cette évolution est indispensable pour professionnaliser la gestion des droits audiovisuels et repenser la stratégie de valorisation de notre championnat auprès du public et des diffuseursavance le groupe de dirigeants qui détermine une «Ligue nationale, dont le statut de simple association est devenu inadapté». Il appartient désormais au Gouvernement d’inscrire ce texte fondamental à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Cette étape doit intervenir dès ce printemps afin de permettre d’aborder la prochaine saison professionnelle avec une gouvernance renouvelée. Les clubs et leurs supporters l’appellent de leurs vœux, pour inscrire le football français dans une nouvelle ère plus sereine et plus ambitieuse.» Et les dirigeants de conclure : «La France ne doit pas perdre ce match !».
Selon nos informations, aucune date d’un éventuel passage du texte au calendrier de l’assemblée n’est encore actée. Situation qui a tendance à tendre, plus croustillante et inquiète certains dirigeants du football français.
La tribune publiée dans La Provence, Ouest France et la Voix du Nord
Football professionnel, un match à ne pas perdre
«On l’oublie trop souvent : les clubs de football professionnel ne se résument pas aux équipes engagées dans les compétitions nationales et européennes.
Ce sont aussi des entreprises responsables, directement ou indirectement, de près de 40 000 emplois dans notre pays, qui génèrent au total plus de 5 milliards d’euros de valeur ajoutée et plus d’un milliard d’euros de contributions fiscales et sociales.
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À l’échelle locale, en plus d’irriguer nombre de fournisseurs et prestataires, nos clubs sont des acteurs engagés dans la vie des territoires : ils soutiennent des actions éducatives, sociales et solidaires et participent à la cohésion de nos villes et de nos régions.
Cet écosystème est aujourd’hui fragilisé.
Un rapport publié le mois dernier par l’UEFA sur la situation financière des clubs européens met en lumière une réalité préoccupante : l’affaiblissement économique du football professionnel français et son décrochage croissant avec les quatre ligues dominantes du continent — Angleterre, Espagne, Allemagne et Italie.
Cette situation résulte, entre autres, de l’effondrement des droits de diffusion audiovisuelle au cours des dernières années. Jusqu’au début de la décennie, les droits de la Ligue 1 représentaient en moyenne environ 700 millions d’euros par an. Ils sont aujourd’hui près de trois fois moindres. Entre-temps, le football français a connu les échecs rétentants de contrats conclus avec d’éphémères nouveaux entrants comme Mediapro et DAZN, ainsi que des situations contentieuses qui se prolongent avec deux diffuseurs historiques, Canal+ et beIN Sports. Les droits audiovisuels ne représentent désormais plus que 19 % des revenus totaux des clubs de Ligue 1, contre 35 % à 46 % dans les autres grandes ligues européennes.
Les conséquences sont déjà visibles. Au niveau sportif, ce déséquilibre affaiblit la compétitivité de nos clubs et pourrait, à terme, nous condamner à jouer les seconds rôles en Europe. Au niveau économique, les clubs doivent réduire leurs dépenses et adapter leurs modèles. Ils deviennent aussi, encore davantage qu’auparavant, dépendants des transferts de joueurs — notamment de jeunes talents formés dans leurs centres de formation — vers les ligues les plus puissantes financièrement.
C’est pour enrayer ce risque de déclassement que nous avons décidé d’engager une démarche commune. Nous appelons les pouvoirs publics à accélérer la réforme nécessaire et urgente de la gouvernance du football professionnel français.
Une proposition de loi portée par les sénateurs Laurent Lafon et Michel Savin, adoptée à la quasi-unanimité au Sénat l’an dernier, à ouvert la voie. Pour remplacer l’actuelle Ligue nationale, dont le statut de simple association est devenu inadapté, elle permet la création d’une société de clubs, sur le modèle de ce qui existe déjà dans plusieurs grands championnats européens. Cette évolution est indispensable pour professionnaliser la gestion des droits audiovisuels et repenser la stratégie de valorisation de notre championnat auprès du public et des diffuseurs.
Il appartient désormais au Gouvernement d’inscrire ce texte fondamental à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Cette étape doit intervenir dès ce printemps afin de permettre d’aborder la prochaine saison professionnelle avec une gouvernance renouvelée. Les clubs et leurs supporters l’appellent de leurs vœux, pour inscrire le football français dans une nouvelle ère plus sereine et plus ambitieuse.
La France ne doit pas perdre ce match !»
La liste des signataires :
- Guillaume Cerutti, Président du Conseil d’Administration du Stade Rennais FC
- Pierre Ferracci, Président du Paris FC
- Michele Kang, Présidente de l’Olympique Lyonnais
- Frank McCourt, Propriétaire de l’Olympique de Marseille et Président exécutif, McCourt Global
- Joseph Oughourlian, Propriétaire et président du RC Lens
- Jean-Michel Roussier, Président du Havre AC
- Bernard Serin, Propriétaire et président du FC Metz

