
Cette semaine, Pierre-Édouard Deldique, consacre un numéro d’IDÉES à la pensée néoréactionnaire aux États-Unis – influente parmi les acteurs de l’administration Trump – avec son invité, Arnaud Miranda, docteur en Théories politiques, auteur d’un essai à la fois éclairant et inquiétant intitulé « Les Lumières sombres, comprendre la pensée néoréactionnaires » publié chez Gallimard, dans une nouvelle collection, « La bibliothèque de géopolitique » avec la revue Le Grand Continent.
Il s’agit ici d’une plongée dans un des courants intellectuels les plus déroutants et influents de la droite radicale contemporaine. Son nom ? La « néoréaction ».
Ce courant constitue une contre‑culture structurée, née sur Internet dans les années 2010‑2020. Ses figures majeures, souvent anonymes ou dissimulées derrière des pseudonymes, développent une pensée mêlant références libertariennes, « technofuturistes », traditionalistes et anti‑égalitaires.
Arnaud Miranda nous propose une histoire numérique en quelque sorte des idées néoréactionnaires, en analysant textes, réseaux, modes de diffusion et stratégies de ces penseurs d’un genre nouveau.
Les idées néoréactionnaires, telles que les présentes de façon très pédagogique, Arnaud Miranda dans le livre et au cours de l’émission, sont tranchées ; rejet de la démocratie jugée inefficace, corrompue et incapable de gérer la complexité du monde contemporain, promotion d’un modèle monarchique où l’État serait dirigé comme une entreprise, foi dans la technologie comme instrument de gouvernement et de contrôle social, vision étroite du progrès qui renverse l’héritage des Lumières au profit d’un rationalisme élitiste et autoritaire.
Arnaud Miranda qui, au micro de cette nouvelle édition d’IDÉES et dans les pages de son essai, sait parler clairement de choses complexes, montre que les catégories habituelles — populisme, extrême droite, conservatisme — ne suffisent pas à saisir la néoréaction.
Il propose donc une typologie renouvelée des droites contemporaines, attentive à combien aux techniques numériques, bases de tout leur édifice idéologique, aux hybridations idéologiques et aux formes d’autorité propres à l’ère technologique.
Il s’agit d’une révolte élitiste contre la démocratie qui emprunte autant à la Silicon Valley qu’aux penseurs réactionnaires européens.
Une émission à écouter absolument car ce courant de pensée se propage un peu partout.
Programmation musicale
–Aaron Xérès – Deux ombres
– Labi Siffré – Cannock Chaze
–Chet Baker – Le frisson est parti.

