Après la mort de deux militaires américains tués en Jordanie lors d’une attaque iranienne, les États-Unis ont lancé une nouvelle série de bombardements sur l’Iran. Le point sur la situation.
L’essentiel
- La guerre entre les États-Unis et l’Iran se poursuit. L’armée américaine a lancé, pour la huitième nuit consécutive, des bombardements. Washington a fait partie de sa détermination à « punir » Téhéran après la mort de deux de ses soldats tués en Jordanie. Les États-Unis ont ciblé des sites militaires iraniens ainsi que les auteurs de l’attaque qui ont provoqué la mort des deux militaires américains.
- Téhéran a lancé en représailles de nouvelles attaques dans la région. L’Iran a affirmé avoir frappé des bases militaires au Koweït alors que le Conseil de coopération du Golfe a dénoncé samedi des “crimes de guerre” iraniens. Des sirènes d’alerte ont été déclenchées à Bahreïn. Le guide suprême iranien a promis d’infliger des “leçons inoubliables” aux États-Unis après la reprise des hostilités.
- Le mémorandum d’entente conclu le 17 juin entre les États-Unis et l’Iran est assurément enterré. Téhéran a annoncé samedi maintenir les engagements pris dans ce cadre. Selon le guide suprême iranien, les frappes américaines sont la preuve que la signature de Donald Trump est « sans valeur ».
- Le détroit d’Ormuz reste au cœur du conflit. Le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a d’ailleurs souligné que les dernières frappes des États-Unis avaient pour objectif de “réduire davantage la capacité de l’Iran à menacer la navigation commerciale”. Le sort de deux pétroliers a également créé des tensions entre l’Iran et les États-Unis. Selon Téhéran, ils ont « explosé et pris feu » après avoir heurté des mines dans le détroit, mais cette version a été rapidement démentie par Washington.
En direct
14:22 – Un site nucléaire en construction attaqué par Washington, selon Téhéran
Les tensions ne font faiblissent pas au Moyen-Orient entre les États-Unis et l’Iran. Les deux pays ont lancé de nouvelles frappes. Selon Téhéran, Washington a ciblé dimanche la centrale nucléaire de Darkhovin, qui est actuellement en construction. Cet acte va à la rencontre du droit international, d’après l’Iran.
13h10 – Une alerte à Aqaba en Jordanie, l’aéroport et le port évacués, le pays dément
En Jordanie, l’ambassade des États-Unis à Amman rapporte, dimanche 19 juillet, des évacuations de l’aéroport et du port d’Aqaba. Les autorités jordaniennes ont pris ces décisions à cause d’une “menace précise et crédible”. Pour rappel, deux soldats américains ont été tués vendredi en Jordanie par une attaque iranienne. Mais selon l’agence officielle Petra, aucun ordre d’évacuation n’a été émis pour le moment, l’aéroport et le port fonctionnent normalement.
12:25 – Quelle est la situation au Koweït et à Bahrein ?
L’Iran continue de riposter aux bombardements américains en ciblant ses pays voisins du Golfe. Téhéran a annoncé avoir lancé une attaque contre deux bases au Koweït, qui a affirmé être la cible d’une offensive de missiles et de drones. Des sirènes d’alerte ont retenu à Bahreïn ce dimanche. La raison du déclenchement de ces alertes n’a pas été précisée alors que le pays est la cible depuis plusieurs jours d’attaques iraniennes.
11:38 – Ce que l’on sait de la mort des deux soldats américains en Jordanie
Les États-Unis ont assuré vouloir « punir » l’Iran après la mort de deux soldats américains. L’armée a d’ailleurs fait savoir que les derniers bombardements avaient ciblé les responsables de cette attaque mortelle. Des militaires ont été tués vendredi en Jordanie par une attaque iranienne, selon Washington. C’est à peu près tout ce que l’on sait à ce stade. Le Commandement central américain (Centcom) précise qu’un militaire est porté disparu et que quatre autres ont été transportés vers des hôpitaux jordaniens.
11h00 – Frappes américaines en Iran : quelles étaient les cibles ?
La mort de deux militaires américains en Jordanie a fait monter la colère des États-Unis qui ont une nouvelle fois bombardé l’Iran. Les Américains ont affirmé vouloir “punir” le décès des militaires. Washington sait que ses dernières frappes avaient ciblé des sites militaires iraniens et “les forces du Corps des Gardiens de la Révolution islamique qui ont lancé des attaques contre des membres des forces américaines en Jordanie”.
En savoir plus
Le début de la guerre en Iran, lancé par les Etats-Unis et Israël
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe de frappes sur l’Iran. Côté israélien, l’opération est nommée “Roaring Lion” (Lion rugissant), côté américain “Epic Fury” (“Fureur épique”). Les objectifs vont du renversement du régime à l’affaiblissement du programme nucléaire iranien, en passant par la destruction des capacités militaires de la République islamique, jugées comme une menace, notamment par Israël.
En plus de cibler l’arsenal iranien, la coalition israélo-américaine va mener une campagne d’élimination des dirigeants iraniens. Un nombre important de personnalités politiques du régime sont tuées dès les premières heures du conflit, dont le guide suprême Ali Khamenei. Son fils Mojtaba Khamenei, qui a repris le flambeau le 8 mars 2026, a lui aussi été ciblé et son état de santé va rapidement faire l’objet de spéculations.
La réplique de l’Iran et la contagion au Liban et au Moyen-Orient
Dès le 28 février 2026, l’Iran a répliqué aux frappes des Etats-Unis et Israël, en lançant des centaines de drones et missiles balistiques vers Israël et vers les bases militaires américaines dans le Golfe, en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
Dans la nuit du 1er au 2 mars, en réponse à la mort d’Ali Khamenei, le Hezbollah, allié de l’Iran, a lancé depuis le Liban des salves de roquettes et de drones vers le nord d’Israël. L’armée israélienne a qualifié cette offensive de « déclaration de guerre officielle » et a lancé une vaste campagne de bombardements au Liban.
Le 2 mars 2026, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, bloquant instantanément de nombreux navires de fret et pétroliers, et suspendant une partie importante du trafic pétrolier mondial. L’Agence internationale de l’énergie a qualifié cette fermeture de “plus forte perturbation d’offre de l’histoire”.
La signature d’un accord entre l’Iran et les Etats-Unis
Après de nombreux échanges entre l’Iran et les Etats-Unis assurés par les médiateurs pakistanais et quataris, les deux pays ont conclu et signé un protocole d’accord le jeudi 18 juin 2026. Le texte prévoit la fin des affrontements, la réouverture du détroit d’Ormuz et le renoncement de l’Iran à l’arme nucléaire, mais les détails de ses engagements doivent être discutés d’une nouvelle session de négociations de 60 jours. Le texte – signé par Donald Trump à Versailles – prévoit également le déblocage d’un fonds de 300 milliards de dollars pour le développement de l’Iran et une levée des sanctions, à l’unique conditions que tous les engagements iraniens soient respectés selon des responsables américains à CNN.
Le mercredi 17 juin, Bloomberg a publié un document qu’il présente comme le contenu de l’accord en 14 points conclu entre l’Iran et les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre et tenir de nouvelles négociations. Aucun des deux pays n’a confirmé qu’il s’agissait de contenu précis et actualisé du texte. Voici le contenu rapporté et traduit en français :
- La République islamique d’Iran et les Etats-Unis, ainsi que leurs alliés dans le conflit actuel, déclarent qu’à compter de la signature du présent protocole d’accord, la guerre prend fin immédiatement et définitivement sur tous les fronts, y compris au Liban. Ils s’engagent désormais à ne mener aucune action hostile à l’un contre l’autre et à s’abstenir de toute menace ou usage de la force. L’accord final confirmera les dispositions du présent article ainsi que celles des autres articles.
- La République islamique d’Iran et les Etats-Unis s’engagent à respect mutuelment leur souveraineté et leur intégrité territoriale et à ne pas s’ingérer dans leurs affaires intérieures respectives.
- La République islamique d’Iran et les Etats-Unis s’engagent à négocier et à conclure un accord final dans un délai maximal de soixante joursprorogeable d’un commun accord.
- Dès la signature du présent protocole d’accord, les Etats-Unis lèveront le blocus naval, empêcheront toute entrave ou obstruction à la rencontre de la République islamique d’Iran et rétabliront, dans un délai maximal de trente jours, le trafic maritime à son niveau normal. Le trafic des navires devra être proportionnel au volume observé avant la guerre du côté iranien. Les Etats-Unis s’engagent également à retirer leurs forces des zones environnantes dans les trente jours suivant la conclusion de l’accord final.
- Dès la signature du présent protocole d’accord, la République islamique d’Iran prendra immédiatement les mesures nécessaires pour assurer, dans un délai de trente jours, la reprise du trafic des navires marchands entre le golfe Persique et la mer d’Oman à son niveau d’avant-guerre, en tenant compte de la nécessité d’éliminer les obstacles techniques et de neutraliser les mines.
- Les Etats-Unis, avec leurs partenaires régionaux, s’engagent à définir un plan global, approuvé par les deux partis, pour la reconstruction et le développement économique de la République islamique d’Iran, avec un financement garanti d’au moins 300 milliards de dollars. Les modalités de mise en œuvre de ce plan, dans le cadre de l’accord final, seront définies dans un délai de soixante jours.
- Les Etats-Unis s’engagent à mettre fin, selon un calendrier à convenir dans l’accord final, à tous les types de sanctions visant actuellement la République islamique d’Iran, y compris les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, celles du conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ainsi que toutes les sanctions unilatérales américaines, primaires et secondaires.
- La République islamique d’Iran réaffirme qu’elle ne fabriquera jamais d’armes nucléaires. L’Iran et les Etats-Unis conviennent que le tri des matières enrichies ainsi que toutes les autres questions nucléaires convenues d’un commun accord, y compris les besoins nucléaires de l’Iran, seront traités de manière adéquate dans l’accord final. Celui-ci confirmera les dispositions du présent article.
- L’Iran et les Etats-Unis conviennent que, dans l’attente d’un accord final, le statu quo sera maintenu : l’Iran conservera son programme nucléaire dans son état actuel, tandis que les Etats-Unis n’imposeront pas de nouvelles sanctions et ne renforceront pas leurs forces dans la région.
- Les Etats-Unis s’engagent à ce que, dès la signature du présent protocole d’accord et jusqu’à la levée des sanctions, le département du Trésor américain accorde des dérogations autorisant les exportations de pétrole brut iranien, de produits pétrochimiques et de leurs dérivés, ainsi que tous les services connexes, notamment bancaires, d’assurance et de transport.
- Les Etats-Unis s’engagent, au fur et à mesure des progrès des négociations vers un accord final, à débloquer et rendre pleinement disponibles les fonds et actifs iraniens gelés ou restreints. Ces fonds, qu’ils soient conservés sur un compte principal ou transférés, pourront être utilisés pour tout paiement final déterminé par la Banque centrale de la République islamique d’Iran et seront intégralement disponibles. Les Etats-Unis s’engagent à délivrer toutes les autorisations et licences nécessaires à cette fin.
- L’Iran et les Etats-Unis conviennent de mettre en place un mécanisme de mise en œuvre chargé de superviser l’application effective de l’accord final et le respect futur de ses engagements.
- Après la signature du présent protocole d’accord, et après réception de garanties concernant le début de la mise en œuvre des articles 4, 5, 10 et 11, ainsi que la poursuite de leur application, l’Iran et les Etats-Unis engageront des négociations sur l’accord final uniquement pour les articles restant à régler.
- L’accord final sera approuvé par une résolution contraignante du Conseil de sécurité des Nations unies.

