Il y a eu une sélection impitoyable, et puis une remise de maillots émouvante, et puis un dernier entraînement ouvert à la presse, le 15 mai. Et enfin, les Bleus se sont envolés pour un autre continent dimanche dernier, en jurant de ramener la coupe à la maison.
Mais on ne parle là ni de Didier Deschamps, ni de Kylian Mbappé, ni du centre national du football à Clairefontaine, ni même de voyage en Amérique du Nord ou de primes de victoires. Ces Bleus-là ont (largement) dépassé la cinquantaine, sont originaires pour la plupart de Marseille, ont reçu leur tunique bleu-blanc-rouge sur un bord de pelouse du Stade Sainte-Elisabeth, à Marseille, et ont entrepris un périlleux voyage pour l’île-continent, après avoir déboursé environ 1500€ chacun.
L’équipe de France de walking-foot (ou football en marchant) dispute la 5e coupe du monde de l’histoire depuis cette nuit et jusqu’à dimanche, un événement annuel dans lequel elle a déjà brillant. Elle avait même organisé le 1er (et seul à ce jour) Euro de la discipline au stade Delort de Marseille, en juin 2023.
Réservée en compétition aux plus de 50 ans, elle a été introduite en France par la fédération sportive et gymnique du travail (FSGT) via le comité 13, en 2017. Ses racines françaises sont donc marseillaises, et elles le restent même si la délégation 2026 compte aussi beaucoup de Niçois, ainsi que quelques Héraultais (de Vias) et Haut-Garonnais (de Toulouse).
Les Marseillais en force
La sélection n’a pas été aisée. “Cette année, c’est un projet un peu spécial. Il y a des problématiques de disponibilités, car on part 15 jours, et puis il y a des contraintes financières”, raconte Alexandre Caribone, pionnier de la discipline et international en + 50 ans. Au total, ils sont une trentaine de joueurs en Australie, dont 18 Marseillais, arbitres (2) et coordinateur compris. Quelques entreprises font aussi le déplacement.
La France s’aligne dans 3 catégories, toutes masculines (elle a parfois réussi à aligner des sélections féminines) : + 50, + 60 et + 70 ans (sachant que les tranches d’âge vont de cinq en cinq) et cela n’aurait pas été possible sans un coup de pouce financier de la FSGT et de la Région : l’aventure coûte en réalité 3300€ par personne.
Mais cette coupe du monde était très attendue par les Marseillais, qui piochent allègrement dans le vivier d’anciens bons joueurs de football de niveau national ou régional. “Certains débutent et se révèlent, aussi“, nuance Caribone. L’an dernier, les Marseillais n’avaient pu décoller pour la Suède. Ils composeront l’intégralité des + 50 ans et une partie des + 70 ans.
Mais que visaient ces Bleus face aux armadas de la disciplineprincipalement britanniques ou anglo-saxonnes ? “Au départ, on étau toujours le Graal“, botte en touche le sélectionneur des équipes de France, Jean-Louis Mense.
“En + 50 ans, on peut ramener quelque chose, se mouille Caribone. Les 60, je ne sais pas trop. Les 70, il faudra voir l’adversité sur place. Par exemple, l’Australie a toujours été faible mais il n’était pas évident pour elle de disputer les Mondiaux à l’autre bout de la planète. Alors, on s’attend à ce qu’elle soit forte à domicile, sachant que le pied-à-terre y est très développé. Mais les autres nous craignent aussi, et j’espère qu’ils ont raison.“

