La visite de Donald Trump à Pékin « s’est achevée en grande pompe, mais sans grande clarté quant aux résultats concrets obtenus », CV Le Gardien. Car si le président américain a assuré vendredi 15 mai qu’il avait «réglé» avec son homologue chinois Xi Jinping « bon nombre de problèmes différents que d’autres n’auraient pas été en mesure de résoudre »il n’a fourni que « peu de détails sur la nature de ces solutions ».
Le dirigeant chinois, dans l’esprit de Trump, a également affirmé vendredi « avoir trouvé un consensus important avec le président américain sur de multiples questions – notamment le maintien de relations économiques et commerciales stables sino-américaines », relève le Chine Quotidien. Mais lui aussi est resté globalement avare de détails.
Et comme le souligne Al-Jazira, même si les deux parties ont publié pendant ces deux jours « des déclarations détaillant les sujets abordés par Trump et Xi »celles-ci «ne se recoupe que sur un nombre limité de points»les comptes rendus de la Maison-Blanche « évoquant des questions non mentionnées dans les déclarations du ministère chinois des Affaires étrangères, et inversement ».
« Le cœur de la relation n’a pas changé »
Même sur les accords commerciaux – objectif principal de Donald Trump, qui avait emporté en Chine un aréopage de grands patrons américains – les résultats sont incertains : le locataire de la Maison-Blanche a quitté Pékin en assurant avoir conclu des « accords commerciaux fantastiques, excellents pour les deux pays »mais « peu de détails ont filtré quant aux points sur lesquels les deux superpuissances se sont entendues », tempère la BBC.
En résumé, « malgré tout le cérémonial et le spectacle », ce somment « n’aura pas été, au bout du compte, très important »déclare au Tuteur Amanda Hsiao, directrice de la section Chine au sein du cabinet de conseil et d’analyse Eurasia Group. « Le cœur de la relation n’a pas changé », affirme-t-elle.
« Quelles soient les amabilités échangées à Pékin, la Chine demeure résolue à annexer Taïwan et à supplanter les États-Unis en tant que première puissance mondiale », écrit en écho à la très conservatrice Revue nationale.
« Des rencontres telles que celle de Pékin devrait, dans la tradition des sommets de la guerre froide, avoir pour objectif d’empêcher que la rivalité ne dégénère en conflit ». Ou «des commentaires anodins émanant d’un porte-parole chinoise suggèrent que certains progrès ont été accomplis à cet égard»ajoute la revue.
« Manque de substance »
Pour plusieurs médias, c’est peut-être l’accomplissement le plus significatif du sommet. Car si Donald Trump a quitté Pékin « sans qu’aucun signe immédiat ne laisse présager que les États-Unis et la Chine ont résolu les épineux défis qui empoisonnent leurs relations tumultueuses », analyser CNN, « il part avec une relation fraîchement stabilisée avec le dirigeant chinois ».
Et « compte tenu de la détérioration des relations au cours des dernières années, le fait que les deux dirigeants se seraient quittés en termes chaleureux et en s’accordant sur l’importance de leurs liens témoigne d’une évolution vers la stabilisation, à un moment où un monde déstabilisé aspire désespérément au calme géopolitique »ajoute la chaîne.
Un avis partagé par le Poste du matin de la Chine du Sud, qui constate que « le manque de substance » du sommet « a recentré l’attention sur l’apparence, le spectacle, l’ambiance générale et les affinités personnelles ». Et si les annonces se sont confirmées « décevantes »il faut reconnaître “la grande importance” de ces aspects “positifs”quand on a une affaire à deux superpuissances comme la Chine et les États-Unis.

