(Agence Ecofin) – Avec l’augmentation des besoins mondiaux en cuivre, la Zambie voit se multiplier les investissements concurrents dans ses lignes de fret ferroviaire. Une dynamique qui redéfinit l’équilibre des corridors régionaux, et qui peut remodeler les routes d’exportation en Afrique australe.
La signature cette semaine d’un accord de financement de 50 millions d’euros (environ 58,1 millions USD) entre l’Union européenne et la Zambie pour moderniser la ligne ferroviaire Livingstone – Ndola confirme le statut stratégique du pays dans la compétition autour des corridors logistiques en Afrique australe et de l’Est. Ce financement, destiné à remettre à niveau des tronçons critiques retenus par Zambia Railways et à moderniser la signalisation, s’ajoute au soutien européen et américain au corridor de Lobito, présenté comme l’un des axes de transport minier les plus compétitifs du continent.
Cette route ferroviaire vise en effet à offrir une alternative plus rapide pour exporter le cuivre et le cobalt de la Zambie et de la République démocratique du Congo via l’Angola. Elle est perçue par de nombreux observateurs comme la réponse occidentale à l’influence chinoise croissante sur les infrastructures régionales. Pékin a en effet renforcé son ancrage historique en approuvant en septembre dernier un financement de 1,4 milliard USD pour la modernisation du chemin de fer TAZARA, qui repose la Zambie au port tanzanien de Dar es-Salaam.
Ce projet, l’un des plus importants de la coopération sino-africaine, devrait repositionner la TAZARA comme un corridor stratégique pour les exportations minières vers l’océan Indien. En parallèle, la Zambie explore une voie alternative avec le corridor ferroviaire tripartite Zambie – Zimbabwe – Mozambique, destiné à améliorer l’accès aux ports de Beira et Maputo. Bien que moins avancée, cette initiative souligne la volonté de Lusaka de diversifier ses itinéraires logistiques.
Pour plusieurs analystes, l’intensification des investissements traduit un cours géoéconomique entre grandes puissances qui cherchent à sécuriser l’approvisionnement en cuivre et autres minéraux critiques, disponibles en grande réserve dans la région. Pour illustrer, le gouvernement zambien ambitionne de porter la production nationale de cuivre à 3 millions de tonnes d’ici 2031.
Hénoc Dossa
Edité par : Fériol Bewa

