
Il y a plus de 50 000 ans, en Crimée, les Néandertaliens utilisaient de l’ocre, ils ont même façonné et taillé en forme de crayon des fragments de cette roche.
S’en servaient-ils pour colorer leur peau ou celle d’autres animaux ? Difficile à dire. Une chose est sûre : ces fragments d’ocre ont été grattés et affutés en forme de crayon par les Néandertaliens qui peuplaient la péninsule de Crimée entre 70 000 et 50 000 ans avant notre ère, confirmant et démontrant pour la première fois que les Néandertaliens avaient également développé des pratiques et des comportements symboliques.
Même s’il n’y a pas, ou plus, de trace de dessins sur les parois des abris sous roche de Crimée où ont été découverts ces fragments d’ocre. Selon l’archéologue Francesco d’Errico de l’université de Bordeaux, auteur principal de cette étude parue dans la revue Science Avancesqui a analysé ces morceaux d’ocre taillés, la pointe de l’un d’entre eux, façonné en forme d’ogive, a été régulièrement entretenue pour garder sa finesse. Ce qui témoigne bien d’une volonté répétée de la réaffuter après chaque utilisation, un peu comme un crayon bien taillé.
Comment ont été découverts et analysés ces « crayons » néandertaliens, ces fragments d’ocre provenant de Crimée ?
C’est un projet de recherche européen, principalement franco-ukrainien, qui avait été lancé avant l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014. Avec l’objectif de réexaminer, à l’aide de technique de pointe, d’analyse chimique et au microscope, les objets découverts dans plusieurs sites néandertaliens de Crimée entre 1973 et 2000, par les chercheurs de l’Institut d’archéologie de l’Académie des sciences d’Ukraine.
Même si la guerre a rendu impossible tout retour sur le terrain, les fragments d’ocre exhumés dans les abris sous roche de Crimée, avec des osssements néandertaliens et d’autres objets comme un morceau de silex gravé et des os de corbeau portant des incisions régulières, ont été conservés à Kiev. Ce qui a permis aux scientifiques ukrainiens et français, malgré la guerre, de poursuivre leurs recherches en coopération et de montrer que nos cousins néandertaliens avaient aussi des comportements symboliques il ya plus de 50 000 ans en Crimée où ils ont façonné ce qui est peut-être le premier crayon d’ocre de l’humanité.

