
Il était comme présenté « le plus ancien prisonnier politique de France ». De fait, Georges Ibrahim Abdallah a passé plus de 40 ans en prison, avant d’être libéré et de retourner au Liban en juillet 2025. Pourquoi ce militant libanais marxiste pro-palestinien fut-il condamné à la perpétuité dans les années 80 et pourquoi resta-t-il aussi longtemps en prison ? Un fait documentaire la lumière sur cette affaire ténébreuse qui mêle terrorisme, barbouzerie et pression américaine.
Nous recevons Pierre Carlèsle réalisateur de L’affaire Abdallahen salles en France, le 8 avril.
Georges Ibrahim Abdallah fonde au Liban le FARL, l’organisation marxiste des Fractions armées révolutionnaires libanaises, et prend les armes en juin 1982 après l’invasion du Liban par Israël. Ce sont les FARL qui vont revendiquer l’assassinat de l’attaché militaire à l’ambassade des États-Unis à Paris Charles Ray, le 18 janvier 1982, et celui du deuxième conseiller à l’ambassade d’Israël Yacov Barsimentov, le 3 avril suivant.
Georges Ibrahim Abdallah, lui, n’est arrêté qu’en 1984 pour possession de faux passeport. Deux ans plus tard, une première décision de justice le condamne à 4 ans d’emprisonnement. Mais, un nouveau procès devant une cour spéciale composée exclusivement de magistrats est organisé, à l’issue de laquelle ce militant marxiste pro-palestinien est condamné, à la surprise générale, à la perpétuité. Les gouvernements français successifs ont, depuis 1999, rejeté neuf demandes de libération anticipée. Jusqu’à juillet dernier, la libération de Georges Ibrahim Abdallah et son retour au Liban.
Le documentaire de Pierre Carles montre comment les autorités et les médias ont fait d’Abdallah un « terroriste idéal », en utilisant une « fausses nouvelles » et cédant aux pressions américaines.
À l’affiche de notre cinéma également ce samedi, une interview d’Isaach de Bankolé, à l’affaire de Le cri des gardesle nouveau long métrage de Claire Denis.
Musiques : Sœurs avec moi de Tom Misch (Playlist RFI) et Peaux-miroirs de François et l’Atlas.

