L’étanchéité de la défense, dans une équipe naturellement tournée vers l’avant, était le principal point d’interrogation avant la compétition. La difficulté à juguler certaines transitions en préparation avait fait naître un doute sur le juste équilibre à trouver pour performer sur la durée. La première période face au Sénégal, parfois sur un fil, avait alimenté le débat.
Il semble que les joueurs aient fait désormais les ajustements nécessaires pour éviter de sacrifier le potentiel offensif, bien mis en valeur dans ce 4-2-3-1, sur l’autel de la rigueur. La prise de conscience a été collective, portée par cette capacité athlétique à répéter les efforts.
Un effet d’entraînement contagieux
Tant que les Bleus ont le ballon, c’est-à-dire relativement souvent, la question ne se pose pas. Mais c’est à la perte que le ballet s’orchestre, avec de moins en moins de fausses notes. Mbappé pour cadrer le relanceur, Olise en marathonien pour soulager l’entrejeu et les ailiers (Dembélé, Doué, Barcola) prêts à multiplier les réponses comme au PSG.
Un premier rideau soutenu par un milieu de terrain agressif au pressage, capable de vite désamorcer les contre-attaques, tout en sachant que derrière lui, avec des latéraux fiables (Koundé, Digne) et une charnière Upamecano-Saliba aussi dissuasive que dominante, il y a encore des garanties de garder son mais inviolé.
« C’est une fierté. Tous les joueurs sont concernés, même ceux qui ne sont pas sur le terrain. Et cette notion d’intérêt collectif, de groupe, c’est quelque chose qui me plaît, apprécie Didier Deschamps. Dans le football, défendre avec un joueur de moins (à la perte du ballon), c’est difficile. Quand on en perd deux, je pense que c’est impossible d’avoir un équilibre. Là, il y a de bonnes intentions. Et quand les deux milieux et défenseurs voient les efforts qui sont faits devant… ».
Un effet d’entraînement contagieux qui permet de jouer à fond la carte de l’offensive, sans arrière-pensée. Ce qui n’empêche pas, non plus, le sélectionneur de modifier son animation, s’il le juge nécessaire (un milieu à trois ?) pour aller jusqu’au bout.

